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 Fides et Ratio

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nelly emont
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MessageSujet: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeMer 13 Sep 2006 - 8:07

Ouah ! j'ai réussi ! qu'est-ce que je suis douée ! on peut toujours réfléchir, ce n'est jamais inutile, sur les liens qu'entretiennent la Foi et la Raison et relire Fides et Ratio. D'accord, ce n'est pas d'une originalité folle, mais ayant réussi à ouvrir le truc, il faut bien que j'annonce quelque chose..
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MessageSujet: Benoît XVI   Fides et Ratio Icon_minitimeMer 13 Sep 2006 - 12:55

Vient justement de parler de foi et raison.

Il dit notamment que les chrétiens tiennnent pour absolument certain que Dieu s'il est supérieur à la raison, ne saurait la contredire. "Aime beaucoup la raison" dit saint Augustin.

En revanche pour les musulmans, Dieu n'est lié par rien, pas même par sa parole et encore moins par la raison.

Le pape a ensuite déploré que les modernes ne veuillent plus considérer que la raison telle qu'elle s'incarne dans le positivisme et le scientisme. Cela donne un argument aux animistes, aux islamistes qui voient dans la civilisation européenne la négation de la religion. En effet, sauf erreur, on assimile toute croyance à de la superstition dans le positivisme, or l'homme semble avoir un besoin psychologique de croire, le tout c'est qu'il ne croit pas n'importe quoi, mais uniquement ce qui est crédible.

En fait, la science, les mathématiques etc. sont fondées sur les règles de fonctionnement de la raison qui sont antérieures, en qualité de principes, aux démonstrations scientifiques.

On a d'ailleurs défini les vérités scientifiques comme des vérités qui peuvent être contredites, devenir obsolètes (Weber, je crois) ce que les principes de la raison ne seront jamais.

Lafforgue, médaille Fields de math (équivalent du prix Nobel de math, lequel n'existe pas), Français né en 1967, dit que les maths trouvent leurs principes dans Aristote, lequel n'était pas mathématicien, mais philosophe.

liens sur le discours du pape :

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1209067_universite

Le Salon Beige a aussi parlé de cela :

http://www.lesalonbeige.blogs.com/

A noter le pape parle de la raison comme une catégorie, or je ne pense pas qu'Aristote énonce, à ma connaissance, la raison comme une catégorie de l'être. Ce doit être Kant ? Peut-être ?
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Hélène
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeJeu 14 Sep 2006 - 10:47

Bajulans a écrit:
liens sur le discours du pape :

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1209067_universite

Le Salon Beige a aussi parlé de cela :

http://www.lesalonbeige.blogs.com/

A noter le pape parle de la raison comme une catégorie, or je ne pense pas qu'Aristote énonce, à ma connaissance, la raison comme une catégorie de l'être. Ce doit être Kant ? Peut-être ?
Oui, notre saint Père, alors qu'il est en mission dans sa Bavière natale, a parlé beaucoup de la foi et la raison... et aussi il a fait une sortie quelque peu remarquée sur l'Islam... je suis heureuse qu'il voit les choses telles qu'elles sont et qu'il ose dénoncer les erreurs du fanatisme parce que dans 40 ou 50 ans, on dira que l'Église a gardé le silence devant un régime totalitaire, etc...

Pour en revenir à Fides et Ratio, je propose que nous en prenions connaissance officiellement ici : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/encyclicals/documents/hf_jp-ii_enc_14091998_fides-et-ratio_fr.html

Bonne méditation ! sunny

Pour ce qui est de Kant, je n'ai pas les compétences pour commenter... Embarassed je laisse à Nelly le loisir de nous en parler...je suis sûre qu'elle s'y connaît mieux que moi study .
Hélène
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeSam 16 Sep 2006 - 6:48

Le discours du Pape à Ratisbonne est reproduit dans Zénith. Mes compétences ne me permettent pas de basculer le texte sur le forum, mais si quelqu'un peut le faire, cela serait passionnant car il y est fortement question de foi et de raison et surtout de raison, de celle qui permet de ne pas affirmer n'importe quoi et qui croit en elle-même.
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeSam 16 Sep 2006 - 8:42

nelly emont a écrit:
Le discours du Pape à Ratisbonne est reproduit dans Zénith. Mes compétences ne me permettent pas de basculer le texte sur le forum, mais si quelqu'un peut le faire, cela serait passionnant car il y est fortement question de foi et de raison et surtout de raison, de celle qui permet de ne pas affirmer n'importe quoi et qui croit en elle-même.

Voili, voila :


http://www.zenit.org/french/default.htm

ZF06091507
2006-09-15
Discours du pape à l’Université de Ratisbonne
La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme


ROME, Vendredi 15 septembre 2006 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral du discours que le pape Benoît XVI a prononcé à l’Université de Ratisbonne, le mardi 12 septembre, dans le cadre de son voyage en Allemagne (9-14 septembre).

« ‘Au commencement était le logos’ … Logos signifie à la fois raison et parole — une raison qui est créatrice et capable de se transmettre mais, précisément, en tant que raison », affirme le pape. « C'est à ce grand logos, à cette ampleur de la raison, que nous invitons nos interlocuteurs dans le dialogue des cultures ».


* * *

Eminences, Messieurs les Recteurs, Excellences,
Mesdames, Messieurs!

C'est pour moi un moment de grande émotion de me trouver une nouvelle fois dans cette université et de pouvoir une nouvelle fois donner un cours. Mes pensées se tournent en même temps vers ces années où, après une belle période auprès de l'Institut supérieur de Freising, je commençai mon activité d'enseignant à l'université de Bonn. C'était encore — en 1959 — l'époque de l'ancienne université des professeurs ordinaires. Pour chacune des chaires, il n'existait ni assistants, ni dactylographes, mais en revanche il y avait un contact très direct avec les étudiants et surtout aussi entre les professeurs. L'on se rencontrait avant et après la leçon dans les salles des professeurs. Les relations avec les historiens, les philosophes, les philologues, et naturellement aussi entre les deux facultés de théologie étaient très étroites. Une fois par semestre, il y avait ce que l'on appelait le dies academicus, où les professeurs de toutes les facultés se présentaient devant les étudiants de toute l'université, permettant ainsi une expérience d'universitas — une chose à laquelle vous aussi, Monsieur le Recteur, vous avez fait récemment allusion — c'est-à-dire l'expérience du fait que nous tous, malgré toutes les spécialisations, qui parfois nous rendent incapables de communiquer entre nous, formons un tout et travaillons dans le tout de l'unique raison dans ses diverses dimensions, en étant ainsi ensemble également face à la responsabilité commune du juste usage de la raison — ce phénomène devenait une expérience vécue. Sans aucun doute, l'université était également fière de ses deux facultés de théologie. Il était clair qu'elles aussi, en s'interrogeant sur la dimension raisonnable de la foi, accomplissaient un travail qui nécessairement fait partie du « tout » de l'universitas scientiarum, même si tous pouvaient ne pas partager la foi, dont la relation avec la raison commune est l'objet du travail des théologiens. Cette cohésion intérieure dans l'univers de la raison ne fut même pas troublée lorsqu'un jour la nouvelle circula que l'un de nos collègues avait affirmé qu'il y avait un fait étrange dans notre université: deux facultés qui s'occupaient de quelque chose qui n'existait pas — de Dieu. Même face à un scepticisme aussi radical, il demeure nécessaire et raisonnable de s'interroger sur Dieu au moyen de la raison et cela doit être fait dans le contexte de la tradition de la foi chrétienne: il s'agissait là d'une conviction incontestée, dans toute l'université.

Tout cela me revint en mémoire récemment à la lecture de l'édition publiée par le professeur Theodore Khoury (Münster) d'une partie du dialogue que le docte empereur byzantin Manuel II Paléologue, peut-être au cours de ses quartiers d'hiver en 1391 à Ankara, entretint avec un Persan cultivé sur le christianisme et l'islam et sur la vérité de chacun d'eux. L'on présume que l'Empereur lui-même annota ce dialogue au cours du siège de Constantinople entre 1394 et 1402; ainsi s'explique le fait que ses raisonnements soient rapportés de manière beaucoup plus détaillées que ceux de son interlocuteur persan. Le dialogue porte sur toute l'étendue de la dimension des structures de la foi contenues dans la Bible et dans le Coran et s'arrête notamment sur l'image de Dieu et de l'homme, mais nécessairement aussi toujours à nouveau sur la relation entre — comme on le disait — les trois « Lois » ou trois « ordres de vie »: l'Ancien Testament — le Nouveau Testament — le Coran. Je n'entends pas parler à présent de cela dans cette leçon ; je voudrais seulement aborder un argument — assez marginal dans la structure de l'ensemble du dialogue — qui, dans le contexte du thème « foi et raison », m'a fasciné et servira de point de départ à mes réflexions sur ce thème.

Dans le septième entretien (dialexis — controverse) édité par le professeur Khoury, l'empereur aborde le thème du djihad, de la guerre sainte. Assurément l'empereur savait que dans la sourate 2, 256 on peut lire: « Nulle contrainte en religion ! ». C'est l'une des sourates de la période initiale, disent les spécialistes, lorsque Mahomet lui-même n'avait encore aucun pouvoir et était menacé. Mais naturellement l'empereur connaissait aussi les dispositions, développées par la suite et fixées dans le Coran, à propos de la guerre sainte. Sans s'arrêter sur les détails, tels que la différence de traitement entre ceux qui possèdent le « Livre » et les « incrédules », l'empereur, avec une rudesse assez surprenante qui nous étonne, s'adresse à son interlocuteur simplement avec la question centrale sur la relation entre religion et violence en général, en disant: « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu y trouveras seulement des choses mauvaises et inhumaines, comme son mandat de diffuser par l'épée la foi qu'il prêchait ». L'empereur, après s'être prononcé de manière si peu amène, explique ensuite minutieusement les raisons pour lesquelles la diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable. La violence est en opposition avec la nature de Dieu et la nature de l'âme. « Dieu n'apprécie pas le sang — dit-il —, ne pas agir selon la raison , “sun logô”, est contraire à la nature de Dieu. La foi est le fruit de l'âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu'un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace... Pour convaincre une âme raisonnable, il n'est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d'instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort...».

L'affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est : ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu. L’éditeur Théodore Khoury commente : pour l'empereur, un Byzantin qui a grandi dans la philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, en revanche, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle du raisonnable. Dans ce contexte, Khoury cite une œuvre du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui explique que Ibn Hazn va jusqu'à déclarer que Dieu ne serait pas même lié par sa propre parole et que rien ne l'obligerait à nous révéler la vérité. Si cela était sa volonté, l'homme devrait même pratiquer l'idolâtrie.

Ici s'ouvre, dans la compréhension de Dieu et donc de la réalisation concrète de la religion, un dilemme qui aujourd'hui nous met au défi de manière très directe. La conviction qu'agir contre la raison serait en contradiction avec la nature de Dieu, est-elle seulement une manière de penser grecque ou vaut-elle toujours et en soi ? Je pense qu'ici se manifeste la profonde concordance entre ce qui est grec dans le meilleur sens du terme et ce qu'est la foi en Dieu sur le fondement de la Bible. En modifiant le premier verset du Livre de la Genèse, le premier verset de toute l'Ecriture Sainte, Jean a débuté le prologue de son Evangile par les paroles: « Au commencement était le logos ». Tel est exactement le mot qu'utilise l'empereur: Dieu agit « sun logô », avec logos. Logos signifie à la fois raison et parole — une raison qui est créatrice et capable de se transmettre mais, précisément, en tant que raison. Jean nous a ainsi fait le don de la parole ultime sur le concept biblique de Dieu, la parole dans laquelle toutes les voies souvent difficiles et tortueuses de la foi biblique aboutissent, trouvent leur synthèse. Au commencement était le logos, et le logos est Dieu, nous dit l'Evangéliste. La rencontre entre le message biblique et la pensée grecque n'était pas un simple hasard. La vision de saint Paul, devant lequel s'étaient fermées les routes de l'Asie et qui, en rêve, vit un Macédonien et entendit son appel: «Passe en Macédoine, viens à notre secours!» (cf. Ac 16, 6-10) — cette vision peut être interprétée comme un « raccourci » de la nécessité intrinsèque d'un rapprochement entre la foi biblique et la manière grecque de s'interroger.

En réalité, ce rapprochement avait déjà commencé depuis très longtemps. Déjà le nom mystérieux du Dieu du buisson ardent, qui éloigne l'homme de l'ensemble des divinités portant de multiples noms en affirmant uniquement son « Je suis », son être, est, vis-à-vis du mythe, une contestation avec laquelle entretient une profonde analogie la tentative de Socrate de vaincre et de dépasser le mythe lui-même. Le processus qui a commencé auprès du buisson atteint, dans l'Ancien Testament, une nouvelle maturité pendant l'exil, lorsque le Dieu d'Israël, à présent privé de la Terre et du culte, s'annonce comme le Dieu du ciel et de la terre, en se présentant avec une simple formule qui prolonge la parole du buisson : « Je suis ». Avec cette nouvelle connaissance de Dieu va de pair une sorte de philosophie des lumières, qui s'exprime de manière drastique dans la dérision des divinités qui ne serait que l'œuvre de la main de l'homme (cf. Ps 115). Ainsi, malgré toute la dureté du désaccord avec les souverains grecs, qui voulaient obtenir par la force l'adaptation au style de vie grec et à leur culte idolâtre, la foi biblique allait intérieurement, pendant l'époque hellénistique, au devant du meilleur de la pensée grecque, jusqu'à un contact mutuel qui s'est ensuite réalisé en particulier dans la littérature sapientiale tardive. Aujourd'hui, nous savons que la traduction grecque de l'Ancien Testament réalisée à Alexandrie — la « Septante » — est plus qu'une simple (un mot qu'on pourrait presque comprendre de façon assez négative) traduction du texte hébreux : c'est en effet un témoignage textuel qui a une valeur en lui-même et une étape spécifique importante de l'histoire de la Révélation, à travers laquelle s'est réalisée cette rencontre d'une manière qui, pour la naissance du christianisme et sa diffusion, a eu une signification décisive. Fondamentalement, il s'agit d'une rencontre entre la foi et la raison, entre l'authentique philosophie des lumières et la religion. En partant véritablement de la nature intime de la foi chrétienne et, dans le même temps, de la nature de la pensée grecque qui ne faisait désormais plus qu'un avec la foi, Manuel II pouvait dire: Ne pas agir « avec le logos » est contraire à la nature de Dieu.

Par honnêteté, il faut remarquer ici que, à la fin du Moyen Age, se sont développées dans la théologie, des tendances qui rompaient cette synthèse entre esprit grec et esprit chrétien. En opposition avec ce que l'on a appelé l'intellectualisme augustinien et thomiste débuta avec Duns Scott une situation volontariste qui, en fin de compte, dans ses développements successifs, conduisit à l'affirmation que nous ne connaîtrions de Dieu que la voluntas ordinata. Au-delà de celle-ci, il existerait la liberté de Dieu, en vertu de laquelle il aurait pu créer et faire tout aussi bien le contraire de tout ce qu'il a effectivement fait. Ici se profilent des positions qui, sans aucun doute, peuvent s'approcher de celles de Ibn Hazn, et pourraient conduire jusqu'à l'image d'un Dieu-Arbitraire, qui n'est pas même lié par la vérité et par le bien. La transcendance et la diversité de Dieu sont accentuées avec une telle exagération que même notre raison, notre sens du vrai et du bien ne sont plus un véritable miroir de Dieu, dont les possibilités abyssales demeurent pour nous éternellement hors d'atteinte et cachées derrière ses décisions effectives. En opposition à cela, la foi de l'Eglise s'est toujours tenue à la conviction qu'entre Dieu et nous, entre son Esprit créateur éternel et notre raison créée, il existe une vraie analogie dans laquelle — comme le dit le IVe Concile du Latran en 1215 — les dissemblances sont certes assurément plus grandes que les ressemblances, mais toutefois pas au point d'abolir l'analogie et son langage. Dieu ne devient pas plus divin du fait que nous le repoussons loin de nous dans un pur et impénétrable volontarisme, mais le Dieu véritablement divin est ce Dieu qui s'est montré comme logos et comme logos a agi et continue d'agir plein d'amour en notre faveur. Bien sûr, l'amour, comme le dit Paul, « dépasse » la connaissance et c'est pour cette raison qu'il est capable de percevoir davantage que la simple pensée (cf. Ep 3, 19), mais il demeure l'amour du Dieu-Logos, pour lequel le culte chrétien est, comme le dit encore Paul « logikè latreia » — un culte qui s'accorde avec le Verbe éternel et avec notre raison (cf. Rm 12, 1).

Le rapprochement intérieur mutuel évoqué ici, qui a eu lieu entre la foi biblique et l'interrogation sur le plan philosophique de la pensée grecque, est un fait d'une importance décisive non seulement du point de vue de l'histoire des religions, mais également de celui de l'histoire universelle — un fait qui nous crée des obligations aujourd'hui encore. En tenant compte de cette rencontre, il n'est pas surprenant que le christianisme, malgré son origine et quelques importants développements en Orient, ait en fin de compte trouvé son empreinte décisive d'un point de vue historique en Europe. Nous pouvons l'exprimer également dans l'autre sens: cette rencontre, à laquelle vient également s'ajouter par la suite le patrimoine de Rome, a créé l'Europe et demeure le fondement de ce que l'on peut à juste titre appeler l'Europe.

A la thèse selon laquelle le patrimoine grec, purifié de façon critique, ferait partie intégrante de la foi chrétienne, s'oppose l'exigence de déshellénisation du christianisme — une exigence qui, depuis le début de l'époque moderne domine de manière croissante la recherche théologique. Vu de plus près, on peut observer trois époques dans le programme de la déshellénisation: même si elles sont liées entre elles, elles sont toutefois, dans leurs motivations et dans leurs objectifs, clairement distinctes l'une de l'autre.
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeSam 16 Sep 2006 - 8:43

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Dernière édition par jo le Sam 30 Mai 2009 - 4:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeSam 16 Sep 2006 - 11:34

Merci Jo.
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeSam 16 Sep 2006 - 22:12

Étonnant de voir combien, en lisant ce discours du pape en entier, le mensonge du monde et des médias qui ont sortis une petite phrase de son contexte est démasqué. Il est claire que l'échauffement des esprits est l'oeuvre du malin qui se déchaîne... Twisted Evil

Mais la question est : quel média (à part les médias chrétiens) aura l'honnêteté intellectuelle de reproduire le texte en entier pour montrer au monde la supercherie de ces accusations ? La réaction violente ne fera que confirmer le propos qu'ils dénoncent comme un mensonge...déjà 6 églises bombardées en Cisjordanie et en Irak et ces menaces d'un groupe armé irakien, Jaïch al-Moujahidine, a menacé dans un communiqué mis en ligne samedi de frapper à Rome et au Vatican: «Nous jurons de détruire leur Croix au coeur de Rome (...) et que leur Vatican sera frappé et pleuré par leur pape», écrit le groupe. Et qu'ailleurs en Somalie : un chef religieux, Cheikh Abubukar Hassan Malin, lié au puissant mouvement des tribunaux islamiques, a appelé les musulmans à «se venger» du pape, ajoutant que toute personne offensant le prophète Mahomet devait «être tuée». Alors qu'entre temps en Arabie saoudite, pays qui abrite les premiers lieux saints de l'islam à La Mecque et Médine, le grand mufti, plus haut dignitaire religieux du pays, a accusé le pape de «mensonge». «L'islam n'a rien à voir avec le terrorisme», a dit cheikh Abdel Aziz al-Cheikh au quotidien Al-Riyadh.

Je ne sais pas si on devrait pleurer, avoir peur ou rire...

Il y a toujours la prière et l'espérance :

Louez le Seigneur, tous les peuples;
fêtez-le tous les pays !

Son amour envers nous s'est montré le plus fort;
éternelle est la fidélité du Seigneur !

(Psaume 116)
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeDim 17 Sep 2006 - 10:01

ce ne sont pas des intellectuels qui répondent, ceux-là, en majorité, et dans les propositions que je viens de lire dans mon journal, comprennent ce que veut dire le Pape et le soutiennent, comprennent que ce qui est visé c'est l'incompatibilité de la violence et de la religion. Ce sont les autres, tous les autres, qui de toutes manières accusent le Pape dès qu'il ouvre la bouche (alors là, forcément, en évoquant l'Islam, il s'est préparé les verges pour se faire battre...) et tous les ignorants, principalement de l'Islam, (islamistes ou autres) qui ne cherchent guère à savoir de quoi il s'agit mais se mettent en tout premier lieu à hurler et qui ne se donneront même pas la peine de réfléchir ensuite !
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeDim 17 Sep 2006 - 10:06

nelly emont a écrit:
ce ne sont pas des intellectuels qui répondent, ceux-là, en majorité, et dans les propositions que je viens de lire dans mon journal, comprennent ce que veut dire le Pape et le soutiennent, comprennent que ce qui est visé c'est l'incompatibilité de la violence et de la religion. Ce sont les autres, tous les autres, qui de toutes manières accusent le Pape dès qu'il ouvre la bouche (alors là, forcément, en évoquant l'Islam, il s'est préparé les verges pour se faire battre...) et tous les ignorants, principalement de l'Islam, (islamistes ou autres) qui ne cherchent guère à savoir de quoi il s'agit mais se mettent en tout premier lieu à hurler et qui ne se donneront même pas la peine de réfléchir ensuite !
Exact ! C'est justement ce que j'étais occupée à discuter avec mon cher époux. C'est la loi du moindre effort qui règne... silent Il ne faut pas trop réfléchir. L'important c'est de voir ce que l'on veut bien voir (càd pas grand chose). Tant que ça nous conforte dans nos idéologies morbides.
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeDim 17 Sep 2006 - 10:13

Je crois que ce n'est pas tant la loi du moindre effort (encore, celle là, avec un petit effort justement, on pourrait en venir à bout) que celle du fanatisme aveugle que l'on voit bien chez les autres (c'est facile) mais que l'on ne voit pas chez nous.
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeDim 17 Sep 2006 - 10:22

Je soupçonne les médias occidentaux d'être à l'origine de la désinformation. Quelqu'un disait ailleurs, comment se fait-il qu'ils (le monde musulman) aient eu écho de ce discours (amputé de tout le reste) depuis plusieurs jours alors que nous l'avons reçu en français seulement hier nous les cathos ? Question

Si on se fie à l'évidence quotidienne, l'objectif des médias de masses occidentaux est de détruire l'Église...
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeDim 17 Sep 2006 - 10:46

Je ne crois pas que le but des medias soit de détruire l'Eglise : seulement d'en montrer l'inutilité, l'obscurantisme, la violence etc... et d'entretenir des visions complètement archaïques. J'ai entendu à la télévision l'un de nos "grands" philosophes : le nombre de stupidités affirmées avec la plus grande prétention possible est affolant. Il y a une idéologie se manifestant contre l'Eglise. Mais il est pratiquement impossible d'y répondre tant les amalgames y sont fréquents, l'histoire racontée fausse, les interprétations signes d'une grande ignorance. Il faudrait à chaque fois reprendre point par point, ce qui n'est pas possible... Tout cela pourrait-il parvenir à détruire l'Eglise ? Non. On a traversé des époques tout aussi troubles et encore plus violentes.
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeDim 17 Sep 2006 - 12:23

Je dis que les médias veulent détruire l'Église mais cela ne veut pas dire que je crois qu'ils réussiront ! ;) Puisque le Seigneur nous a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. L'Église en a vu d'autres...et des pas mûrs comme on dit. Seulement, ce que j'ai voulu dire (je reconnais mon manque de précision) est que les médias veulent faire paraître l'Église telle que tu la décris (obscurantiste, ringarde, etc.) pour ne pas que les gens qui ont soif de Dieu et de Vérité se tournent vers Elle. Tout est fait pour les en éloigner...

"Mentez, mentez ! Il en restera toujours quelque chose !" Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeMar 19 Sep 2006 - 11:02

Citation :
Le mardi 19 sept 2006

Premiers signes d'apaisement dans la crise avec le Vatican
Ljubomir Milasin
Rome

La crise sans précédent entre le monde musulman et le Vatican semblait connaître mardi de premiers signes d'apaisement avec un appel au dialogue de l'imam de la grande mosquée de Rome tandis que le président iranien exprimait son «respect» pour le pape Benoît XVI.

«Maintenant, le temps d'un dialogue entre les différentes religions est venu», a déclaré l'imam Sami Salem à la radio romaine R101, quelques heures avant une rencontre à la mairie de Rome avec le cardinal français Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la dialogue interreligieux.

Une déclaration qui tranche avec son jugement de la veille lorsqu'il avait estimé que les propos de Benoît XVI sur l'islam la semaine dernière lors de son voyage en Allemagne avaient engendré un «retour en arrière de plusieurs années».

Mais «le pape a fait un pas en arrière avec ses propos» dimanche au cours de l'Angélus quand il a exprimé ses regrets, «et il a ainsi donné un signal positif au développement du dialogue», a-t-il estimé mardi.

Il a souhaité que la rencontre de mardi, prévue de longue date pour le lancement d'une revue interreligieuse, à laquelle participera également le
grand rabbin de Rome Riccardo Di Segni, «ouvre une nouvelle phase d'amour et de compréhension entre les religions».

Après plusieurs jours de violente polémique dans le monde musulman, assortie de menaces contre le pape, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a exprimé dans la nuit de lundi à mardi son «respect» pour Benoît XVI, estimant que ses paroles sur l'islam et la violence ont été «modifiées».

«Nous respectons le Pape et toutes les personnes qui s'intéressent à la paix et la justice. J'ai entendu de sa part que les paroles qu'il avait émises ont été modifiées», a déclaré M. Ahmadinejad.

Son pays avait violemment critiqué Benoît XVI par la voix notamment du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui avait qualifié lundi les propos du pape de «dernier maillon» en date d'une croisade américano-sioniste contre l'islam.

Le président américain George W. Bush a pour sa part «noté» les regrets du pape et les a jugés «sincères», a fait savoir la Maison-Blanche.

Contrairement aux jours précédents, aucune manifestation violente contre les propos du pape n'avait été enregistrée mardi à la mi-journée.

Après la hiérarchie catholique qui avait exprimé sa solidarité avec le pape lundi, c'est la classe politique italienne qui est montée au créneau mardi.

«La lâcheté de l'Occident par rapport à l'islam est honteuse», a tonné Gianfranco Rotondi, président du parti Démocratie Chrétienne (centre-droit).

«Le monde islamique a poussé le bouchon trop loin. Le pape est intervenu pour exprimer ses regrets. Le discours peut plaire ou ne pas plaire mais si à chaque fois qu'un discours ne plaît pas le monde se met à dresser des bûchers, cela finira mal», a lancé Piero Fassino, secrétaire général des Démocrates de gauche (DS), principal parti de la coalition gouvernementale dirigée par Romano Prodi.

«Moi, je n'aime pas le président iranien mais ce n'est pas pour autant que je vais brûler son effigie», a-t-il ajouté.

«Le Saint-Père a été abandonné par l'Occident et l'Europe, nous devons avoir honte de notre réaction. Si nous n'avons pas le courage de défendre notre identité, nous n'aurons aucun avenir», a averti Pier Ferdinando Casini, ancien président chrétien-démocrate de la Chambre des députés.
Source Cyberpresse : http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/article?AID=/20060919/CPMONDE/60919011/1014/CPMONDE&template=printart&print=1

Fiou... pale j'espère que le monde entendra raison...
Denise Bombardier a eu un excellent commentaire hier soir au bulletin de nouvelles...je verrai s'il est disponible quelque part pour vous le transmettre.

Union de prière,
Hélène
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeMar 19 Sep 2006 - 13:12

J"ai lu sur un autre forum, qu'Umberto Ecco avait dit ou écrit quelque part, que de toutes façons, si Benoît XVI avait lu le théorème de Pythagore, on aurait quand même vu se lever les cohortes islamistes....
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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitimeMar 19 Sep 2006 - 14:53

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MessageSujet: Re: Fides et Ratio   Fides et Ratio Icon_minitime

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