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 Les douces épreuves de l'amour

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boisvert
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MessageSujet: Les douces épreuves de l'amour   Les douces épreuves de l'amour Icon_minitimeJeu 22 Avr 2010 - 12:44

Livre des Actes des Apôtres 8,26-40.

L'ange du Seigneur adressa la parole à Philippe : « Mets-toi en marche vers le midi, prends la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte. » Et Philippe se mit en marche. Or, un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, reine d'Éthiopie, administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer Dieu. Il en revenait, assis dans son char, et lisait le prophète Isaïe. L'Esprit du Seigneur dit à Philippe : « Avance, et rejoins ce char. » Philippe s'approcha en courant, et il entendit que l'homme lisait le prophète lsaïe ; alors il lui demanda : « Comprends-tu vraiment ce que tu lis ? » L'autre lui répondit : « Comment pourrais-je comprendre s'il n'y a personne pour me guider ? » Il invita donc Philippe à monter et à s'asseoir à côté de lui. Le passage de l'Écriture qu'il lisait était celui-ci : Comme une brebis, on l'a conduit à l'abattoir, comme un agneau muet devant le tondeur, il n'ouvre pas la bouche. A cause de son humiliation, sa condamnation a été levée. Sa destinée, qui la racontera ? Car sa vie a été retranchée de la terre. L'eunuque dit à Philippe : « Dis-moi, je te prie : de qui parle-t-il ? De lui-même, ou bien d'un autre ? » Alors Philippe prit la parole, et, à partir de ce passage de l'Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. Comme ils poursuivaient leur route, ils arrivèrent à un point d'eau, et l'eunuque dit : « Voici de l'eau : qu'est-ce qui empêche que je reçoive le baptême ? » Il fit arrêter le char, ils descendirent dans l'eau tous les deux, et Philippe baptisa l'eunuque.
Quand ils furent remontés de l'eau, l'Esprit du Seigneur emporta Philippe ; l'eunuque ne le voyait plus, mais il poursuivait sa route, tout joyeux.
Philippe se retrouva dans la ville d'Ashdod, il annonçait la Bonne Nouvelle dans toutes les villes où il passait jusqu'à son arrivée à Césarée.

Cet épisode est vraiment doux à écouter et nous montre combien le Seigneur est proche de ceux qui Le cherchent en vérité. Je note quelques details que je trouve très intéressants. Le premier, c'est la confiance et la docilité de Philippe. Il ne demande pas à l'ange: "Pourquoi devrai-je prendre cette route déserte qui descend vers Gaza ? Est-ce que je ne risque pas de m'y faire agresser ?" Il obéit et il y va. Puisque la route est déserte, selon la paole même de l'ange, il pouvait s'attendre à tout et à rien, mais il fait confiance. Dans cette histoire, l'ange comme le disciple ont les mêmes fonctions: ils sont messagers. Je note également la sincérité de ce fonctionnaire éthiopien: "Comment pourrais-je comprendre s'il n'y a personne pour me guider ?" N'est-ce pas plus une plainte qu'une question ? Et c'est pour lui ouvrir l'esprit aux Ecritures que le Seigneur a envoyé Philippe. L'Ethiopien cherchait la vérité avec coeur et droiture et elle lui a été révélée. Et non seulement cela, mais il a reçu le baptême.

On me dira peut-être: n'était-il pas plus simple d'envoyer l'ange directement sur la route de Gaza ? C'est vrai sans doute. Le disciple n'est qu'un serviteur inutile... mais quel bonheur de se trouver à l'oeuvre pour le Seigneur ! Et aussitôt l'étranger baptisé, Philippe est emmené ailleurs, dans la ville d'Ashdod.

Je me souviens encore de ce scénario de roman "moderne", que je n'ai finalement jamais tenté d'écrire. Un homme se convertit et reçoit le baptême avec joie. Or, le jour même de sa première Eucharistie, quelle n'est pas sa surprise en quittant l'église, de se retrouver dans un pays étranger, au coeur d'une ville dont il découvre assez vite qu'elle est située sur un autre continent ? Etrangement, il en connaît la langue et sait qu'il doit se rendre à tel endroit pour rencontrer quelqu'un et "accomplir une mission". Le lendemain, ou le dimanche suivant, sa mission accomplie, il retourne à la messe et, à la sortie, de nouveau il se trouve dans un autre lieu, jusque-là inconnu de lui, mais où se reproduit un scénario similaire. Cette idée d'histoire, elle m'est venue il y a déjà un an, je l'avais trouvée intéressante car elle pourrait marier assez bien un exposé simple de la spiritualité chrétienne avec ce caractère "fantastique" qui plaît tant aux jeunes. C'est seulement aujourd'hui que je découvre que cette " originalité" de récit n'était pas aussi nouvelle que je le pensais... Plaise à Dieu de me donner un peu de talent sur mes vieux jours, je crois que j'écrirais avec bonheur, s'Il veut bien, comme à Philippe, me donner de son Esprit !

***

On se souvient que la foi de l'apôtre Philippe avait été mise directement à l'épreuve par Jésus. Lors de la multiplication des pains et des poissons, la foule était nombreuse, elle avait faim, il devait y avoir parmi eux des enfants, mais aussi des vieillards et des malades. L'Evangile nous rappelle que Jésus se tournant vers son apôtre lui avait demandé directement: "Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ?" L'Evangéliste nous dit : "Il parlait ainsi pour le mettre à l'épreuve, car lui savait bien ce qu'il allait faire..." Et en réalité, par la réponse qu'il fait, Philippe montre qu'il s'était déjà inquiété de la situation et qu'il avait déjà, dans le secret de sa conscience, évalué le montant exhorbitant de la dépense. Se croyait-il insondable aux yeux de son Maître ?

Comme j'en étais là de ma réflexion, l'évidence m'a frappée d'une manière absolue. La mise à l'épreuve de Philippe, le Seigneur ne l'a pas recherchée. Mais il s'est contenté de "voir" la préoccupation de Philippe dans son coeur afin de l'exprimer à haute voix devant tous. Et quelle émotion d'un seul coup ! Car je réalise pleinement ceci: si le Jésus que j'aime discerne pleinement le flot de mes pensées... je réalise aussi que non seulement mes bonnes mais aussi mes mauvaises pensées lui sont un livre perpétuellement ouvert.

Quelle confusion ! Mais s'il y a épreuve, elle se situe exactement ici: surpris dans mes pensées, ne suis-je pas tenté de tout cacher, de tout nier ? En définitive, non. J'ai eu le choix un court instant, mais finalement, non: ce n'est pas la gêne qui l'emporte, mais l'amour du Dieu vivant ! Ce sentiment soudain, comme je voudrais aussi le partager pleinement avec tous! C'est un sentiment très fort, très élevé, très pur en dépit de ma médiocrité. En effet, il en est de l'apôtre de Philippe comme de moi, comme de n'importe lequel ou laquelle d'entre nous. Quand Jean parle d'une épreuve pour Philippe, quelle merveilleuse épreuve que celle-là ! Car le Seigneur n'a pas relevé et dévoilé le doute de Philippe, Il ne s'est pas attardé sur la vanité du raisonnement humain ("Le salaire de deux cent journées n'y suffirait pas !"), mais ce qu'Il a montré à tous, c'est le souci et la réelle compassion éprouvée par son disciple devant la foule affamée. Il ne répond pas sur ce qu'il y a de petit en nous, mais il exalte le bien, le bon, la miséricorde.

Avec Thomas ce fut pareil. Jésus l'a rejoint dans la préoccupation de son coeur, là exactement où le débat de la foi et du doute avait lieu. De la même manière, Jésus avait rejoint Marie-Madeleine: "Il lui est beaucoup pardonné parce qu'elle a beaucoup aimé. Mais à qui aime peu, on pardonne peu !"... Que d'admirables mots, lorsqu'on s'implique soi-même - comment se fait-il qu'il n'y ait pas plus de conversions, mon Dieu !
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