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 Les petits mots de Simone Weil.

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Hélène
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Dim 23 Oct 2011 - 16:00

boisvert a écrit:
["Le malheur est essentiellement destruction de la personnalité, passage dans l'anonymat. Comme le Christ s'est vidé de sa divinité par amour, le malheureux est vidé de son humanité par sa mauvaise fortune"

Pour ma part, je ne conçois pas que le Christ s'est vidé de sa divinité: il y a ici de la part de SW une méconnaissance de la double identité du Christ : vrai homme et vrai Dieu. Comme saint Paul dit dans la seconde épître aux Corinthiens (5): "Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu". Mais sans la divinité, sans la relation parfaite ("le Père et moi, nous sommes un et un seul) avec Dieu, comment le Christ eût-il pu accomplir tous les signes qu'il a laissés ?
Peut-être parle-t-elle dans le sens "qu'il n'a pas revendiqué son droit d'être traité à l'égal de Dieu, prenant la condition d'esclave, il s'est fait obéissant jusqu'à la mort et la mort sur une Croix" ? Bien sûr, il ne s'est pas vidé de sa divinité au sens ontologique, puisque Dieu est Dieu et n'a jamais cessé de l'être. Mais dans le sens de se livrer totalement et librement jusque dans notre mort sans garder rien pour Lui... pour nous diviniser et nous donner part à sa Vie. Moi, ça me jette par terre quand j'y pense...

____________________
"Ausculta", écoute : "Inclina aurem cordis tui", incline l'oreille de ton coeur...(Premières paroles du Prologue de la Règle de saint Benoît)
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boisvert
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Jeu 27 Oct 2011 - 13:25

"La volonté de Dieu, comment la connaître ? Si l'on fait silence en soi, si on fait taire tous les désirs, toutes les opinions et qu'on pense avec amour, de toute son âme et sans paroles : "Que ta volonté soit faite", ce qu'on sent ensuite sans incertitude devoir faire, est la volonté de Dieu" (La pesanteur et la grâce)

Cette recette n'est-elle pas trop simple ? Voire. Elle est peut-être le contraire: complexe et exigeante. Elle présuppose:
- faire silence en soi (pas facile au cours d'une journée de travail)
- faire taire tous les désirs (j'en ai au moins un chaque trente secondes)
- penser "Que Ta volonté soit faite" avec amour, de toute son âme et sans paroles... il me faut revenir aussi loin qu'au moment de ma conversion.

Mais il est possible, tout de même, qu'au cours de cette journée, en sortant du restaurant de la maison de repos vers 13h00, il s'est passé quelque chose qui ressemble fort à une 'incitation' issue de la volonté divine.

Je m'explique : aujourd'hui, le plat s'est limité a des 'penne' dans une sauce tomatée, accompagnés de parmesan. J'en suis ressorti plus tôt que prévu, car même après m'être resservi, je commençais à peine à avoir faim ! Mais comme je roulais, tout d'un coup je me suis dit: "Si tu y vas maintenant, tu vas sûrement vouloir un verre de vin avec ta viande". Or, depuis dimanche dernier, j'ai fait le vœu d'accompagner dans la sobriété un copain de longue date qui est sous suivi médical et ne peut plus boire aucun alcool durant un mois. Pour le reste, j'étais assez contrarié qu'un repas de midi au "home" soit réduit à des pâtes. Maintenant (il est 18:25), je suis certain que ce verre de vin, je l'aurais bu malgré ma résolution, et j'aurais sans doute commandé un quart de vin plutôt qu'un verre. A présent, je sais que je puis aller manger sans danger de rompre mon vœu.

Bref, je vous suggère de tenter cette effort pour connaître la volonté de Dieu dans votre présent et de partager avec les autres le résultat de cette tentative.
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boisvert
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 28 Oct 2011 - 9:33

"Nous n'avons pas à nous demander comment produire l'amour en nous. Il est en nous, de la naissance à la mort, impérieux comme une faim, nous devons seulement savoir le diriger" (Intuitions pré-chrétiennes)

Et il arrive parfois que nous ne sachions tout simplement pas le diriger. Je crois que, dans ces moments-là, la seule et unique chose à faire est de prier pour demander l'abandon pur et simple dans la foi. "Seigneur, me voici. Je ne suis rien, je ne puis rien, mais j'ai foi que toi tu peux tout. Accorde-moi donc Seigneur, dans ce moment de complète impuissance où je me trouve, de t'être utile de quelque façon que Tu voudras". Cette acceptation, s'il est sincère et absolue, efface toute irritation dans l'être, avec l'inquiétude et les tentations qui, inévitablement, nous guettent.
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pedro
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 28 Oct 2011 - 10:28

boisvert a écrit:
["Le malheur est essentiellement destruction de la personnalité, passage dans l'anonymat. Comme le Christ s'est vidé de sa divinité par amour, le malheureux est vidé de son humanité par sa mauvaise fortune"

Pour ma part, je ne conçois pas que le Christ s'est vidé de sa divinité: il y a ici de la part de SW une méconnaissance de la double identité du Christ : vrai homme et vrai Dieu. Comme saint Paul dit dans la seconde épître aux Corinthiens (5): "Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu". Mais sans la divinité, sans la relation parfaite ("le Père et moi, nous sommes un et un seul) avec Dieu, comment le Christ eût-il pu accomplir tous les signes qu'il a laissés ?

Ensuite, que le malheur soit, pour l'homme, essentiellement une destruction de sa personnalité... je n'en suis pas certain non plus. Je crois que la démence est une destruction de la personnalité, mais ni la maladie, ni le chagrin, ni la douleur morale, ni la souffrance physique, ni l'isolement, ni la perspective de la mort ne détruisent la personnalité - toutes ces choses peuvent au contraire l'aider à s'élever. Et ici encore je m'appuie sur saint Paul : "Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? Le dénuement ? Le danger ? Le supplice ? J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur." (Romains 8,31-39).

Il y faut évidemment le secours d'une foi mûre, ancrée dans le quotidien, déjà aguerrie par l'effort et par les épreuves, mais fondamentalement, j'ai confiance : le Seigneur veille sur chacun d'entre nous qui avons placé en Lui notre espérance.

Je suis heureux de pouvoir cité Simone Weil, puis dire : oui je suis d'accord, non je ne suis pas d'accord. C'est bien l'utilité que j'entrevoyais en ouvrant ce fil, et déjà beaucoup m'ont apporté leur point de vue personnel, ce qui m'a réjoui et conforté. Merci !


"Le malheur est essentiellement destruction de la personnalité, passage dans l'anonymat"

Le malheur au sens le plus pur, dans l'absolu, est l'anéantissement de soi. Le soi, qui est notre personnalité, se disloque et s'écroule (un champ de ruine) pour laisser place au vide (vider de son humanité, comme seul au monde, souffrance intérieure) ou plutot pour laisser place au "plein" de Dieu (réconfort). La haine n'a pas sa place mais plutôt la confiance, la certitude, l'humilité et la foi que transcende l'incarnation de Dieu. L'anonymat comme exaltation de l'humilité. Je comprends et j'abonde dans le sens de SW sur ce point.

En effet le parallelisme utilisé avec le Christ par SW me parait juste. "Comme le Christ s'est vidé de sa divinité par amour..". Elle ne fait pas preuve de méconnaissance au contraire. Et je rejoins Hélène sur sa compréhension de ce passage :"..se livrer totalement et librement jusque dans notre mort sans garder rien pour Lui... pour nous diviniser et nous donner part à sa Vie." Jésus a accepté sa condition et sa mission par amour pour l'Homme sans manifester une once de supériorité divine. Il s'est en quelque sorte "vidé de sa divinité par amour" en subissant la Croix comme "le malheureux est vidé de son humanité par sa mauvaise fortune".



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Hélène
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 28 Oct 2011 - 10:48

pedro, vous avez des messages dans votre boîte de messagerie privée... Smile

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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Sam 29 Oct 2011 - 14:10

"Quand on aime Dieu à travers le mal comme tel, c'est vraiment Dieu qu'on aime".
(Cahiers de Marseille)


Si l'on me promet pour demain une vie difficile, des revenus insuffisants, la solitude, le froid, la faim, la lente et pénible décrépitude du corps et que, malgré tout, je perçois qu'en Dieu - lorsque je prie, lorsque j'ai la chance de communier et d'adorer la Parole, lorsque, couché et malade, je rencontre Jésus mieux dans mon cœur que lorsque je suis bien, alors c'est vraiment Dieu que j'aime.

«L’expression “vie éternelle” ne signifie pas – comme le pense peut-être d’emblée le lecteur moderne – la vie qui vient après la mort, alors que la vie présente est justement passagère et non pas un vie éternelle. “Vie éternelle” signifie la vie elle-même, la vraie vie, qui peut être vécue aussi dans le temps et qui ensuite ne s’achève pas par la mort physique. C’est ce qui nous intéresse : embrasser d’ores et déjà “la vie”, la vraie vie, qui ne peut plus être détruite par rien ni par personne.» (Benoit XVI dans Jésus de Nazareth)
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Mar 1 Nov 2011 - 14:14

boisvert a écrit:
"La volonté de Dieu, comment la connaître ? Si l'on fait silence en soi, si on fait taire tous les désirs, toutes les opinions et qu'on pense avec amour, de toute son âme et sans paroles : "Que ta volonté soit faite", ce qu'on sent ensuite sans incertitude devoir faire, est la volonté de Dieu" (La pesanteur et la grâce)

Cette recette n'est-elle pas trop simple ? Voire. Elle est peut-être le contraire: complexe et exigeante. Elle présuppose:
- faire silence en soi (pas facile au cours d'une journée de travail)
- faire taire tous les désirs (j'en ai au moins un chaque trente secondes)
- penser "Que Ta volonté soit faite" avec amour, de toute son âme et sans paroles... il me faut revenir aussi loin qu'au moment de ma conversion.

[.......................]

Bref, je vous suggère de tenter cette effort pour connaître la volonté de Dieu dans votre présent et de partager avec les autres le résultat de cette tentative.


La volonté de Dieu, SW la connait mais sans doute qu'elle s'interroge sur la manière la plus simple de la vivre tous les jours. Faire taire (c'est maitriser) intérieurement sa propre humanité (ses désirs, envies, passions, colère etc..) pour laisser place à toute Sa Parole (non pas nos paroles, nos vaines pensées). Evidemment c'est difficile à faire. C'est notre abandon en pensée avec confiance, sans incertitude, dans les bras du Père créateur par l'intelligence du Fils et dans l'amour du Saint Esprit : que ta volonté soit faite !


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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Mar 1 Nov 2011 - 14:24

Ce que le Seigneur attend de nous est dans l'évangile: c'est très clair (c'est d'ailleurs là une des marques de la "trace" de Dieu) et c'est je crois applicable dans la grande majorité des situations de la vie, dans un second temps, pour des discernements peut-être moins évidents, j'abonde dans le sens de Pedro.
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pedro
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Mar 1 Nov 2011 - 15:24

boisvert a écrit:
"Nous n'avons pas à nous demander comment produire l'amour en nous. Il est en nous, de la naissance à la mort, impérieux comme une faim, nous devons seulement savoir le diriger" (Intuitions pré-chrétiennes)

Et il arrive parfois que nous ne sachions tout simplement pas le diriger. Je crois que, dans ces moments-là, la seule et unique chose à faire est de prier pour demander l'abandon pur et simple dans la foi. "Seigneur, me voici. Je ne suis rien, je ne puis rien, mais j'ai foi que toi tu peux tout. Accorde-moi donc Seigneur, dans ce moment de complète impuissance où je me trouve, de t'être utile de quelque façon que Tu voudras". Cette acceptation, s'il est sincère et absolue, efface toute irritation dans l'être, avec l'inquiétude et les tentations qui, inévitablement, nous guettent.


"Nous n'avons pas à nous demander comment produire l'amour en nous. Il est en nous, de la naissance à la mort...."


Cette phrase sonne comme une résonance de la parole de la Génèse 1-26: "Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance..". Nous avons été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu Trinité. Dieu est bon donc la création (de l'Homme) est bonne dés l'origine. Même si le péché a dénaturé l'humanité, l'étincelle divine est toujours présente, toujours prête à embraser notre âme qui a faim de bonheur et de paix. Je suis d'accord avec SW. L'amour "est en nous, de la naissance à la mort, impérieux comme une faim.." du Pain de Vie (Eucharistie). Le Christ est le modèle parfait vers lequel nous pouvons diriger notre vie. Mon Dieu comme c'est difficile de t'imiter ! Savoir le diriger comme savoir contrôler l'étincelle par la volonté. Savoir mais comment ? Sainte Marie Lataste (Dieu, la Sainte Trinité) nous dit que, de toute éternité, le Père engendre le Fils par la Connaissance qu'Il a de Lui-même. Est-ce que je peux dire que ce "Savoir" est la "Connaissance" de Dieu par La Parole? Pour ma part la réponse est claire :OUI!


P+

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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Mar 1 Nov 2011 - 15:57

Bonjour Pedro,

Merci pour ce très beau partage. La prière que j'avais rapportée, m'était montée dans le coeur, au fond de l'hiver. J'étais couché, seul dans la maison vide, avec une forte fièvre et des médicaments. Ma situation n'était pas désespérée, mais désespérante. En appelant autour de moi à coups de téléphone, amis et familiers, j'avais découvert combien j'étais seul. Avec une grande prudence, certes, ils m'avaient laissé entendre: si tu es aussi mal que cela, fais-toi prendre en charge par des services compétents (mais nous ne viendrons pas te visiter). Je n'avais pas besoin d'hospitalisation et de prise en charge complète, mais de simple réconfort moral, d'une visite, d'une présence... Je n'avais pas encore découvert les livres de Simone Weil, mais j'ai goûté cette affreuse amertume et, à un moment donné, le Seigneur m'a, d'une façon ou d'une autre, fait connaître qu'Il me laissait y tremper les lèvres par amitié pour ma pauvre âme. Et finalement, ces jours de maladies (douze en tout) sont passés dans l'apprentissage de la présence réelle de Jésus au coeur même de nos blessures et de nos tourments. Depuis cet épisode, une fin de vie 'pénible' ne me fait plus peur comme autrefois.
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Mer 2 Nov 2011 - 14:52

"Chaque créature parvenue à l'obéissance parfaite constitue un mode singulier, unique, irremplaçable de présence, de connaissance et d'opération de Dieu dans le monde" (La pesanteur et la grâce)

Parvenir à l'obéissance parfaite ! ,Cela demeure du domaine du désir, apparemment inaccessible. Néanmoins, l'âme qui se tient tranquille dans la contemplation de l’œuvre de Dieu, il me semble qu'elle s'approchera plus tôt de la perfection que celle qui s'y efforce en soufflant beaucoup (j'imagine la vapeur et le sifflet des premiers trains)... Il me semble que l'obéissance parfaite est surtout un état d'acceptation joyeuse et confiante de tout ce que le Seigneur nous propose au quotidien. Si l'on peut dire oui à la contrariété imprévisible de la même manière que l'on dit non à une quelconque tentation qui se présente, je crois que l'on s'approche de Dieu ... justement parce que l'on a laissé Dieu s'approcher de nous.

Je me souviens ici de la prière de Charles de Foucauld, que je relis souvent de ce temps-ci, du fait de "l'état de choses" que je constate, dans ma vie et autour de moi, et dans le monde, sans y pouvoir grand chose:

"Mon Dieu, je ne sais s'il est possible à certaines âmes de vous voir pauvre et de rester volontiers riches, de se voir tellement plus grande que leur maître, de ne pas vouloir vous ressembler en tout et surtout dans vos abaissements; je veux bien qu'elles vous aiment, mais je crois qu'il manque quelque chose à leur amour… je ne puis concevoir l'amour sans un besoin, une besoin impérieux de ressemblance, de conformité.. être riche, à mon aise, vivre doucement de mes biens, quand vous avez été pauvre, vivant simplement…pour moi je ne puis aimer ainsi" (Foucauld, la dernière place)
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Jeu 3 Nov 2011 - 9:28

boisvert a écrit:
Bonjour Pedro,

Merci pour ce très beau partage. La prière que j'avais rapportée, m'était montée dans le coeur, au fond de l'hiver. J'étais couché, seul dans la maison vide, avec une forte fièvre et des médicaments. Ma situation n'était pas désespérée, mais désespérante. En appelant autour de moi à coups de téléphone, amis et familiers, j'avais découvert combien j'étais seul. Avec une grande prudence, certes, ils m'avaient laissé entendre: si tu es aussi mal que cela, fais-toi prendre en charge par des services compétents (mais nous ne viendrons pas te visiter). Je n'avais pas besoin d'hospitalisation et de prise en charge complète, mais de simple réconfort moral, d'une visite, d'une présence... Je n'avais pas encore découvert les livres de Simone Weil, mais j'ai goûté cette affreuse amertume et, à un moment donné, le Seigneur m'a, d'une façon ou d'une autre, fait connaître qu'Il me laissait y tremper les lèvres par amitié pour ma pauvre âme. Et finalement, ces jours de maladies (douze en tout) sont passés dans l'apprentissage de la présence réelle de Jésus au coeur même de nos blessures et de nos tourments. Depuis cet épisode, une fin de vie 'pénible' ne me fait plus peur comme autrefois.


Vous avez beaucoup de courage. A défaut de réconforts des proches remplissez votre coeur du Christ. Vous avez bien raison. Offrez vos souffrances à celui capable de les porter. Mais je sais que même offert les souffrances, les peines, la solitude font toujours très mal. Partir avec jésus dans le coeur n'est pas pénible au contraire. En tout cas prenez votre temps car la vie a aussi ses bons côtés.


P+
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 4 Nov 2011 - 14:39

"Il ne faut pas secourir le prochain pour le Christ, mais par le Christ. Que le moi disparaisse de telle sorte que le Christ, au moyen de l'intermédiaire que constituent notre âme et notre corps, secoure le prochain" (La pesanteur et la grâce)

C'est cette abdication du "moi" devant des possibilités de gestes de vraie miséricorde, qui est le plus difficile. Si nous pouvions, ne serait-ce qu'une fois - c'est-à-dire la première fois, la plus difficile, mettre notre ego de côté, alors l'Esprit nous guidera, tout sera simple et réussira. Sainte Faustine disait cette prière:

Je désire me transformer tout entière en ta miséricorde et être ainsi un vivant reflet de toi, O Seigneur ; que le plus grand des attributs divins, Ton insondable Miséricorde passe par mon âme et mon cœur sur le prochain.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d'après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l'âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.

Aide-moi Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.

Aide-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j'aie pour chacun un mot de consolation et de pardon.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.

Aide-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est de rendre service à mon prochain.

Aide-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux, afin que je ressente toutes les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté, et moi, je m'enfermerai dans le Cœur très Miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que ta Miséricorde repose en moi, O mon Seigneur.
C'est Toi qui m'ordonnes de m'exercer aux trois degrés de la miséricorde ; le premier : l'acte miséricordieux, quel qu'il soit ; le second : la parole miséricordieuse ; si je ne puis aider par l'action, j'aiderai par la parle ; le troisième : c'est la prière. Si je ne peux témoigner la miséricorde ni par l'action, ni par la parole, je le pourrai toujours par la prière. J'envoie ma prière même là où je ne puis aller physiquement.

O mon Jésus, transforme-moi en Toi car tu peux tout. (163)

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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Sam 5 Nov 2011 - 7:11

La prière est la racine de toute vie en Dieu, attachons-nous à demeurer en Lui, et Lui fera le reste, en nous transformant peu à peu et toujours plus, en instrument de Sa miséricorde. cheers
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Mer 9 Nov 2011 - 13:57

"Dès ici-bas, nous recevons la capacité d'aimer Dieu et de nous le représenter en toute certitude comme ayant pour substance la joie réelle, éternelle, parfaite et infinie. A travers les voiles de la chair, nous recevons d'en haut des pressentiments d'éternité suffisants pour effacer à ce sujet tous les doutes" (Attente de Dieu)

Ce qui m'est survenu à mon lever, hier matin, lorsque réveillé trop tard je suis tout de même arrivé en avance à ma messe, c'est le genre d'événements qui efface en moi tous les doutes - si j'en avais encore.

Le problème, c'est que je ne suis jamais assez attentif.

Le dernier 'pressentiment' de Dieu que j'ai reçu, c'était il y a une quinzaine de jours. Dans la soirée, après une journée de travail, sans un client, sans une personne amie pour me réconforter, j'ai commencé de me faire un sang d'encre pour l'avenir et jusqu'à l'heure de me coucher, ce souci m'a occupé l'esprit tout à fait outre-mesure - j'en avait été envahi et je luttais contre. En vain, semble-t-il.

Mais, au moment de m'étendre pour la nuit, obéissant à la règle, je m'agenouille, je dis une courte prière du soir et je lis un passage du Petit Journal de sainte Faustine.

Et voici ce que je lis, en huit mots et pas un de plus: "Je te donne un revenu dont tu vivras". Une aussi courte phrase dans si gros recueil ! Mais ce n'est pas de la lire qui m'a convaincu, ce n'est pas de me dire: "c'est pour moi !", mais c'est - exactement: qu'au même moment où j'ai lu ces huit mots la Joie est revenue dans mon cœur comme pour me dire: "Tu te fais toujours du souci pour rien !"

Bref, c'est terrible à dire, mais chacun d'entre nous rencontre le Seigneur plusieurs fois sur une joie, mais sans être assez attentif, sans être prêt...

Quelqu'un parmi vous a-t-il une anecdote de ce type à rapporter ?

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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Jeu 10 Nov 2011 - 12:14

"Si l'on regarde de près, d'un regard vraiment attentif, les âmes et les sociétés humaines, on voit que partout où la lumière surnaturelle est absente, tout obéit à des lois mécaniques aussi aveugles et aussi précises que la loi de la chute des corps" (L'amour de Dieu et le malheur)

En 1934, Simone Weil, entre comme ouvrière à la chaîne à Alsthom puis chez Renault. Elle reproche en effet aux milieux syndicalistes de connaître mieux la théorie marxiste que ces hommes que le marxisme prétend libérer. Elle se fait donc proche des travailleurs les plus pauvres, afin de penser non pas pour eux ou à leur place, mais avec eux et à partir de ce qu'ils vivent. La portée de cette expérience fut plus que politique: ce que Simone Weil retient de ces jours passés au milieu de machines qui imposent au corps et à l'esprit une cadence inhumaine, c'est ce qu'elle appelle le malheur. Le malheur, c'est l'impression mortelle de ne compter pour rien , d'être broyée par un mécanisme aveugle, sans attention ni égards pour l'humanité de chaque homme.

Or, ce mécanisme, qu'elle appelle encore le règne de la force est à l'œuvre partout, bien au-delà de l'usine: c'est ce qui fait que tout homme, bien qu'il le cache parfois, se plait à dominer, à être le centre, à étendre son pouvoir partout où il en est capable. C'est ce qu'elle vérifie en 1936, lorsqu'elle s'engage auprès d'anarchistes en résistance contre le franquisme, en Espagne. Si la convivialité semble régner entre ces hommes unis pour un "monde plus juste", ce but même se perd rapidement : "Un abîme séparait les hommes armés de la population désarmée, tout à fait semblable à celui qui sépare les pauvres et les riches", écrit-elle à ce moment. Elle ajoute un peu plus tard: "J'ai eu le sentiment que lorsque les autorités temporelles ou spirituelles ont mis une catégorie d'êtres humains en dehors de ceux dont la vie à un prix, il n'est rien de plus naturel à l'homme que de tuer. Quand on sait qu'il est possible de tuer sans risquer ni châtiment, ni blâme, on tue."

Cette disposition de l'homme à dominer, elle l'appelle, en raison de l'université de son attraction: la pesanteur. Rien n'y échappe: ainsi, un gaz lâché dans l'atmosphère occupe immédiatement tout l'espace qu'il peut, de la même façon que "les poules se précipitent à coups de bec sur une poule blessée". Toute force humaine ou naturelle, individuelle ou collective, tire à chaque instant ses ultimes conséquences.

Simone Weil est à ce point persuadée de la justesse de ce point de vue sur la réalité qu'elle va jusqu'à citer Adolf Hitler dans "Mein Kampf" : "Dans un monde où les planètes et les soleils suivent des trajectoires circulaires, où les lunes tournent autour des planètes, où la force règne partout et seule en maîtresse de la faiblesse, qu'elle contraint à la servir docilement ou qu'elle brise l'homme ne peut pas relever de lois spéciales."

Ce témoignage me paraît important pour l'époque que nous vivons aujourd'hui. En effet, si l'homme de notre temps cessait tout à fait de regarder vers Dieu, pour de nouveau chercher une sorte de gestion 'globale et humaine' du monde (est-ce que ce ne fut pas le cas également durant la guerre froide ?), nous risquons de retourner vers un système où ceux qui dominent par le pouvoir de l'argent se verront bien, en prétendant toujours viser le bien commun de tous... réinstaurer une forme moderne de l'esclavage, avec tout ce que cela peut comporter d'odieux.

L'Eglise a évidemment un rôle à jouer dans ce qui se passe sous nos yeux. Et je ne suis pas étonné que notre Pape, Benoît XVI ait justement proclamé 2012 "année de la foi". Car seule une Église relevée dans la foi de ses fidèles, peut faire front efficacement à toutes les entreprises de l'Adversaire.



Dernière édition par boisvert le Jeu 10 Nov 2011 - 12:30, édité 1 fois (Raison : Note ajoutée)
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 11 Nov 2011 - 1:42

Cela m'est arrivé et m'arrive régulièrement, depuis des années. Le Seigneur nous signifie toujours Sa miséricorde sans que l'on s'y attende, comme pour nous rappeler encore et toujours que tout vient de Lui, et ce, même dans les choses les plus prosaïques. Tu demande un exemple, en voici un: cela faisait plusieurs jours que j'avais une envie de tarte au citron mais sans plus, sachant que, comme toutes les envies "terrestres" celle-ci allait passer, et voilà que sans que je m'y attende l'on m'en offre une. Sa misécorde est infinie et Sa tendresse sans mesure, même pour les pécheurs que nous sommes. Cela dépasse l'entendement. Alleluja !
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pascal
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 11 Nov 2011 - 1:45

boisvert a écrit:
"Dès ici-bas, nous recevons la capacité d'aimer Dieu et de nous le représenter en toute certitude comme ayant pour substance la joie réelle, éternelle, parfaite et infinie. A travers les voiles de la chair, nous recevons d'en haut des pressentiments d'éternité suffisants pour effacer à ce sujet tous les doutes" (Attente de Dieu)

Ce qui m'est survenu à mon lever, hier matin, lorsque réveillé trop tard je suis tout de même arrivé en avance à ma messe, c'est le genre d'événements qui efface en moi tous les doutes - si j'en avais encore.

Le problème, c'est que je ne suis jamais assez attentif.

Le dernier 'pressentiment' de Dieu que j'ai reçu, c'était il y a une quinzaine de jours. Dans la soirée, après une journée de travail, sans un client, sans une personne amie pour me réconforter, j'ai commencé de me faire un sang d'encre pour l'avenir et jusqu'à l'heure de me coucher, ce souci m'a occupé l'esprit tout à fait outre-mesure - j'en avait été envahi et je luttais contre. En vain, semble-t-il.

Mais, au moment de m'étendre pour la nuit, obéissant à la règle, je m'agenouille, je dis une courte prière du soir et je lis un passage du Petit Journal de sainte Faustine.

Et voici ce que je lis, en huit mots et pas un de plus: "Je te donne un revenu dont tu vivras". Une aussi courte phrase dans si gros recueil ! Mais ce n'est pas de la lire qui m'a convaincu, ce n'est pas de me dire: "c'est pour moi !", mais c'est - exactement: qu'au même moment où j'ai lu ces huit mots la Joie est revenue dans mon cœur comme pour me dire: "Tu te fais toujours du souci pour rien !"

Bref, c'est terrible à dire, mais chacun d'entre nous rencontre le Seigneur plusieurs fois sur une joie, mais sans être assez attentif, sans être prêt...

Quelqu'un parmi vous a-t-il une anecdote de ce type à rapporter ?

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boisvert
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 11 Nov 2011 - 4:12

Merci, Pascal ! Ton histoire démontre - mais encore faut-il avoir des oreilles pour l'entendre (comme disait Jésus), que le Seigneur est toujours proche de nous. L'homme a inventé le mot de coïncidences, mais nous avons celui de 'providence' !
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pascal
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 11 Nov 2011 - 4:25

Absolument cher frère, et c'est encore et toujours Lui qui nous fait la Grâce de reconnaître Son passage, à condition, comme je le lis entre tes lignes, de s'efforcer de toujours garder un coeur de pauvre.
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DamienH
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 11 Nov 2011 - 5:07

Merci pour vos belle histoires. Quand on demande à Dieu avec sincérité, Il nous répond toujours. En effet, ce qui fait que l'on peut douter de sa réponse, c'est notre capacité à entendre, notre disponibilité à Sa manifestation en nos vie, c'est ce coeur pauvre dont Pascal parle : pauvre comme un porte-monnaie vide, donc à même d'accueillir la richesse en son sein!

A chaque grand tournant de ma vie, j'ai aussi senti cette présence, et les réponses du Père ont toujours été d'une finesse ahurissante... ce qui ne leur enlevait pas une puissance désarmante! On est libre que lorsque l'on n'a pas à choisir la voie parmi plusieurs possibilités. Quand un seul chemin scintille dans l'ombre qui nous fait face et que l'on a juste à choisir de l'emprunter ou pas, c'est là l'absolue liberté.
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pascal
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 11 Nov 2011 - 5:14

Ce qui me sidère le plus c'est que le Seigneur vient parfois nous faire des petits "cadeaux" qui me semblent si insignifiants par rapport à l'histoire du Salut: Il vient rencontrer notre humanité dans ce qu'elle a de plus prosaïque, c'est juste "incroyable", et pourtant chaque jour Il vient encore s'abaisser pour nous signifier concrètement Sa tendresse sans mesure.
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Cessounette
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Ven 11 Nov 2011 - 8:45

Pour ma part, je vous ai déjà raconté la fois où une petite fille de mon cours de caté avait écrit un message adorable au tableau, alors je ne vais pas me répéter (pour les nouveaux qui voudraient le lire, le message en question est ici), mais j'avoue que cette fois-là, la Providence m'avait, si je puis dire, éclaté au visage ! Very Happy
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boisvert
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Sam 12 Nov 2011 - 9:33

"Un vrai peintre, à force d'attention, est ce qu'il regarde. Pendant ce temps, sa main bouge, avec un pinceau au bout. C'est ainsi que le Christ doit être notre modèle. penser le Christ. Non notre image du Christ. Penser le Christ de toute notre âme".
(La connaissance surnaturelle)

C'est ainsi que l'on apprend aussi à danser: par imitation, en regardant faire celui qui sait déjà. Et bien que nous pouvons voir Jésus agir avec nos yeux de chair, pourtant, en appliquant notre attention sur les textes des Évangiles, nous pouvons assez facilement "visualiser" certaines scènes. Et d'ailleurs, le Christ nous a laissé par sa parole des images assez fortes pour susciter l'éveil de notre esprit. Que dire encore des signes qu'il a posés !

Je me souviens très bien d'une méditation inédite à propos de la guérison du paralytique sur son grabat : de la manière dont ses amis démonte le toit de la maison, afin de faire descendre la civière aux pieds de Jésus, j'ai un bref instant calqué sur cette scène, celle d'un corps que l'on descend dans la tombe à l'aide de cordages.

Le paralytique ne ressemblait-il pas vraiment à un mort ? Le dévouement de ses proches ne fait-il pas songer à des prières d'intercession ? Mais qui est au fond de sa tombe, sinon le Seigneur ? Et que lui dit le Seigneur si ce n'est : "tes péchés te sont remis" ? Et ensuite, n'est-ce pas une image de la résurrection de le guérir en disant: "Lève-toi et marche" ? Or, ce texte peut-être lu d'une toute autre manière si, par exemple, on fixe son attention sur les autres personnages de la scène et le décor de la maison de Pierre.

Donner toute son attention à un texte de l’Écriture, c'est en réalité ouvrir une porte à l'Esprit Saint. L'effort à fournir est à peine celui-là : de couper notre emploi du temps, d'ouvrir une page blanche dans nos pensées, de lire, de visualiser et de laisser parler l'Esprit en nous. Et à chaque fois, on en ressort moins mauvais qu'avant...
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MessageSujet: Re: Les petits mots de Simone Weil.   Sam 12 Nov 2011 - 12:17

"Aujourd'hui, ce n'est rien encore que d'être saint, il faut la sainteté que le moment présent exige, une sainteté nouvelle, elle aussi sans précédent". (Lettres)

S. Weil écrit cela de son époque (avec la montée du nazisme et la guerre), mais n'est-ce pas tout aussi urgent de notre temps ? Il y a urgence de tous les temps depuis l'incarnation du Verbe. Nos grands-parents ont connu la guerre 14-18, mes parents avaient près de vingt ans en 1945. Je me souviens clairement de la crise de Cuba,en 1963, lorsque la troisième guerre mondiale a éclater, j'ai connu le temps du service militaire obligatoire et, après les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak et qui sait, bientôt une guerre contre l'Iran, tandis que les démocraties européennes disparaîtront sous un "diktat" financier ? Oui, nous vivons encore et toujours le temps qui nécessite une sainteté sans précédent, car en réalité, la fin à commencé dès la première venue du Messie.
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