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 Libres méditations

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boisvert
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MessageSujet: Libres méditations   Jeu 5 Fév 2015 - 13:45

Le feu de l'Esprit

Ez.39 : 29 : "Et je ne leur cacherai plus ma face, Car je répandrai mon esprit sur la maison d'Israël, Dit le Seigneur, l'Éternel."

Sur la montagne, Dieu avait déclaré : "Nul ne peut me voir sans mourir". Mais n'est-ce pas à une "mort" de l'image que procède l'Esprit Saint dans nos cœurs ? Est-ce parce que le Christ nous a appris à appeler Dieu 'Notre Père' que nous ne le représentons comme une sorte de vieillard céleste qui plane au-dessus de nos têtes ? Le terme d'Abba ('papa') employé par Jésus est beaucoup plus évocateur de cet élan que j'ai connu... sans doute jusqu'à ma douzième année: il désignait pour moi... quelqu'un qui avait le pouvoir d'apporter une solution, quelle que soit la difficulté d'enfant que je traversais. Qu'il s'agisse d'une fièvre, d'un mal de dents, d'un désarroi inconnu jusqu'alors, même d'une désobéissance reconnue, peu importe car de toute manière, lui, papa, connaissait toutes les solutions: il était là pour cela, je n'en doutais pas. Ma mère n'était pas moins présente, mais elle avait le visage de la consolation absolue plutôt que celui dela solution absolue : je me souviens bien de cette distinction très nette.

De toute manière, ce que dit Dieu par la bouche d'Ezéchiel, c'est que Dieu se laisse connaître par son Esprit. C'est une rencontre hors de tout raisonnement, de toute pensée, de tout langage. L'Esprit-Saint n'est-Il pas comme le feu, et Jésus n'a-t-il pas désigné l'Esprit comme le feu qu'il est venu jeter sur la terre ? Jésus est venu jeter le feu de l’amour sur la terre. Et cet amour est une force qui pousse en avant, mais aussi un combat, une résistance jusqu’au sang, un courage pour affronter, s’il le faut, les adversaires de la justice et de la liberté. C'est un feu qui est mouvement comme une vague qui soulève et emporte vers l'avant. C'est bien ainsi, en tout cas à ma toute petite échelle, que l'Esprit-Saint me pousse à la connaissance de Dieu. Mais le mot de connaissance est encore trop riche et trop humain. Il faut dire: l'Esprit-Saint m'incite à sonder le mystère de Dieu. Oui, c'est mieux.

Or, ce mystère est insondable. Peu importe: les mystères de Dieu ne nous sont pas donnés pour que nous en trouvions la solution - certes non, l'Eternité n'y suffira pas !, mais pour que nous y plongions avec toutes nos capacités. Ce que je crois, c'est donc que, lorsque Dieu a répandu son Esprit sur le monde, l'Esprit n'a eu de cesse, et cela se poursuit toujours, de nous relever tous, chacun tel que nous sommes, pour que nous puissions participer, dès ce monde, à la contemplation continue des secrets de Dieu. Seigneur, comme je me réjouis de ce don ! Comme j'en étais indigne et comme j'en avais besoin ! Désormais, si je suis fort, c'est parce que je sais que ma force est hors de moi-même: si ma force est hors de moi-même, qui pourra me la prendre ? Et il en ainsi de ma Joie, ma vraie joie, et il en est de mon cœur, car mon cœur n'a de regard que pour la miséricorde divine.



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Jésus entre à Jérusalem

Mathieu 21 / 1 - 9
Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : " Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l'attache, une ânesse avec son ânon près d'elle ; détachez-la et amenez-les-moi. Et si quelqu'un vous dit quelque chose, vous direz : "Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra". "
Ceci advint pour que s'accomplît l'oracle du prophète :Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d'une bête de somme.
Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, ils amenèrent l'ânesse et l'ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s'assit dessus. Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient : " Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! "



Le Roi des Cieux n'est pas comme les rois de la terre. Un roi de la terre vient monté sur un cheval fougueux, de pure race, ou bien sur un éléphant - comme en Asie les maharadjah. Notre Roi vient sur le dos d'un anôn, un animal qui est une "bête de somme", doué non pour la course pour le labeur. C'est dans cet équipage que Jésus entre à Jérusalem. Mais n'est-il pas habitué à monter un âne ? L'âne était présent dès la crèche, il était là pour le départ à Béthléem, pour la fuite en Egypte et le retour. Le texte nous dit que cette entrée dans Jérusalem est un triomphe. Sans doute pour quelques-uns, qui ont saisi, au fond même de la confusion du coeur, que quelque chose de très important est en train de se passer; quelque chose qui a du sens au-delà de l'apparence, mais dont nul ne saurait présager l'issue.

Jésus ne dit rien. Il se laisse acclamer mais, tout à la fin (et le texte que j'ai trouvé n'en parle pas) les Pharisiens veulent interdire aux disciples de célébrer l'événement. Alors Il ouvre la bouche et déclare: "Si ceux-ci doivent se taire, alors les pierres crieront !" Jésus n'a rien perdu de la promptitude de son esprit. Pourquoi les pierres, me suis-je demandé ? Parce que, reprenant les Juifs dans leur certitude d'être tous justes car fils d'Abraham, Il les avait au contraire appelés au repentir: "Ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham !"

Cet épisode m'a raffirmé dans la conscience que je puis désormais employér les talents que le Seigneur m'a donnés pour le service de son Nom, mais pourvu que ce soit du point de vue de l'homme juché sur une bête de somme, qui ne peut être reconnu par les autres hommes, ses semblables, mais qui portera le fardeau de beaucoup. Puisque "le Fils de l'homme est venu non pour être servi mais pour servir - et qu'il n'y pas de grandeur devant Dieu que dans l'humilité, l'acceptation, le don de soi.


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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: "Vous avez appris qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.



Le fait de pouvoir aimer ses ennemis, c'est une des nouveautés extrarordinaires de l'Evangile. Et pas seulement extraordinaire (qui sort de l'ordinaire sur le plan humain) mais qui fait entrer d'emblée le surnaturel dans la vie du monde. C'est en ceci que le fidèle peut témoigner qu'il est bien devenu enfant de Dieu et qu'il vit de la grâce divine: parce que la grâce le rend capable d'aimer son ennemi.

Mais c'est impossible ! Sans la foi, oui, c'est impossible. Et si nous n'avions pas reçu cet enseignement, oui, cela demeurerait impossible. Nietzsche, le "négateur de Dieu" avait songé à un surhomme et il écrivait "l'homme est quelque chose qui doit se dépasser" - eh bien, ce que demande Jésus aux disciples, c'est tout simplement de dépasser leur condition humaine - ou tout est gain, possession, avidité, pour entrer de plein pied dans la vie divine.

Dieu est Amour miséricordieux. Dieu ne connaît pas la haine. Si nous sommes ses enfants, nous devons grandir en Lui. Évidemment, on entend toujours dire: "Moi, je ne tends pas la joue gauche, je suis pas fou !". Cependant, on peut du moins s'abstenir de répliquer, essayer de ne pas entretenir de sentiments agressifs et négatifs. C'est tout à fait faisable, c'est dur et cela prend du temps, mais la grâce nous y aide.

Si je peux en donner un exemple, c'est comme en 1990, lorsque la femme que j'espérais épouser m'a trahi ouvertement. Durant des mois, je la croisais sur la route du travail et je ne pouvais pas m'empêcher de la maudire. Ensuite, j'ai pris conscience que je ne me rendrais jamais libre d'elle si je restais dans de telles dispositions. J'ai donc pris un autre chemin. Le secours de la grâce m'est venu d'une amie, qui m'a fait connaître des oeuvres de Jean-Sébastien Bach que je ne connaissais pas.
J'ai été délivré par la "musique des anges"... notamment les Variations Goldberg interprétée par Glenn Gould.


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La petite voie de sainte Thérèse, le regard vers le ciel, les ailes que Dieu donne, et la foi de confiance.


Quand sainte Thérèse de Lisieux "La petite voie", elle écrit :  Elle écrit : « L'ascenseur qui doit m'élever au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela, je n'ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus.
J'avais lu tout cela, mais je ne comprenais pas.  Il a fallu qu'arrive cette période, le temps que je vis, pour réaliser, avec Simone Weil, que l'effort à fournir, ce n'est pas cela que le Seigneur attend de nous.

Dans son petit ouvrage intitulé: "Pensées sans ordre concernant l'amour de Dieu", Simone Weil écrit d'abord l'effort inutile auquel se livrent beaucoup de chrétiens qui, au lieu de s'appuyer sur Dieu seul, pensent pouvoir arriver par leurs propres forces:

-  "Il y a des gens qui cherchent Dieu à la manière de quelqu'un qui sauterait à pieds joints dans l'espoir  qu'à force de sauter toujours un peu plus haut, il finira par ne plus retomber, par monter jusqu'au ciel. Les gens qui sautent à pieds joints vers le ciel, absorbés par cet effort musculaire, ne regardent pas le ciel. Or le regard vers le ciel est la seule chose efficace en cette matière. Car il fait descendre Dieu. Et quand Dieu est descendu jusqu'à nous, Il nous soulève et Il nous met des ailes".

Je voudrais ajouter que le Seigneur finisse par intervenir pour faire cesser ces inutiles efforts de sautillement. Si j'en parle, c'est que j'en ai fait l'expérience. Car moi aussi, je faisais des bonds, je croyais monter jusqu'au ciel en m'appuyant sur mes propres forces.  Mais c'était une forme d'orgueil, et je faisais l'inverse de m'en remettre humblement à l’œuvre de la grâce.  Du jour au lendemain, je suis entré en dépression, je suis resté étendu raide sur mon lit durant près de deux mois. Plus question d'exercer mes forces personnelles, elles m'avaient abandonné au point que je me mettrais à trembler au moment de servir un client, et de bafouiller parce que je parlais sans reprendre ma respiration...

De ce fait, j'ai finalement été obligé de m'abandonner simplement et prier à la manière de Jésus lors de sa passion : "Qu'il m'en soit fait non comme je veux, mais comme Toi tu veux".  Quelques jours plus tard, j'ai quitté mon lit, je suis reparti travailler et j'ai découvert, quelques semaines plus tard, la possibilité d'assister à une eucharistie quotidienne...  Jamais plus, je n'ai été découragé au point de baisser les bras.

Si quelqu'un parmi nous connaît le petit chapelet à la Miséricorde divine, il pourra témoigner que, d'une façon qui n'est pas très logique, mais surprenante, celui ou celle qui prient "oublient" régulièrement l'oraison finale : "Jésus, j'ai confiance en Toi !"  Si cette résistance existe, c'est parce qu'elle implique un abandon complet à la volonté de Dieu.  Si l'on n'a pas vraiment confiance, totalement confiance, alors à quoi sert de dire : je crois en Dieu ?  On croit en Dieu sans avoir confiance ?   Quelle contradiction !

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0]]Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,28-32.[/b]

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit :'.Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne'.
Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas. ' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla.
Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur ! ' et il n'y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ». Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole.


Le Seigneur va saisir les chefs des prêtres dans leur mauvaise foi. Voyez comme tout cela se tient, dans la logique du récit: c'est en vain qu'ils ont voulu prendre Jésus en défaut, mais Jésus, Lui, va réussir une démonstration qui ne manquera pas de les marquer. L'amorce de l'histoire des deux fils est toute simple et appelle une réponse immédiate. Mais le sens profond du discours est également présent dans la simplicité du récit : le premier fils a menti, mais à la fin, c'est lui qui a accompli la volonté de son père et c'est un fait évident pour toute l'assistance; tandis que l'autre, non seulement il a menti, mais il n'a rien fait du tout.

Eh bien, ceux qui disent ostensiblement qu'ils servent Dieu, mais le trahissent constamment sont les vrais coupables. Tandis que ceux qui rejettent Dieu de prime abord, mais se repentent ensuite, ceux-là précèderont les autres dans le royaume de Dieu. Et Jésus insiste: quand bien même seraient-ils coupables de vol ou de prostitution, tels que vous les accusez, ils entreront dans le Royaume avant vous. Ce jugement rappelle bien celui de Salomon quand il ordonne de couper en deux un enfant que se disputent deux femmes. Evidemment, la vraie mère de l'enfant préfère l'abandonner à l'autre plutôt que de le voir mourir !

Conclusion : la Vérité est simple à trouver, et celui qui ne la trouve pas, ou bien il a refusé de la chercher - mais il y viendra peut-être, ou bien il a trouvé la Vérité et il s'en est détourné en pleine conscience - et il est impardonnable.

En confondant les chefs des prêtres par une simple question, Jésus a exercé son jugement. Ils sont très coupables, ces pharisiens, car eux et leurs pères, et leurs pères avant eux, plutôt que d'écouter les prophètes et changer de conduite, les avaient persécutés et fait mourir. Cependant, leur place est-elle en enfer ? Je n'en suis pas certain, car Jésus les prévient que les pécheurs repentis entreront "avant vous" dans le Royaume, mais il ne dit pas: "Vous n'entrerez pas dans le Royaume"... C'est qu'au moment de jugement, la miséricorde divine peut encore être sollicitée.

J'ai remarqué également que les hommes sont jugés sur leurs propres paroles. Dans le cas précis, ils sont jugés parce qu'ils ont reconnu tout de suite que c'est le fils repenti qui a accompli la volonté de son père - et dès lors, Jésus n'a plus qu'à conclure: en disant cela vous vous déclarez vous-mêmes coupables, car vous n'avez pas reconnu Jean le Baptiste et vous ne m'écoutez pas non plus. Dans un autre passage, l'homme qui avait reçu un Talent ne l'avait pas fait fructifier (or qu'il aurait eu beaucoup plus facile à le faire que les autres intendants). Mais plutôt que de reconnaître sa paresse, cet homme avance des arguments sur lesquels il sera jugé aussi: "Je savais que tu es un maître dur, j'ai eu peur, j'ai caché ton talent, le voici, je te le rends" - Et le maître de répondre: "Je vais te juger sur ta propre parole. Tu dis de moi que je suis un homme dur (...) ne fallait-il pas d'autant plus prendre la simple précaution de déposer mon argent à la banque pour le faire fructifier un peu ? " Et donc, il est condamné comme il s'est lui-même livré avec ses artifices de paroles...

Mais il y a ceux qui, s'étant repentis, qui devront aussi passer un jugement, tiennent un tout autre discours. Le bon larron crucifié avec Jésus ne se moque pas de Jésus, mais il dit: "Pour nous, c'est juste" et encore "Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton Royaume" - et à cette parole, il obtient miséricorde à l'instant même. Et que dit le mauvais fils, le fils prodigue ? Lui aussi, parvenu devant son père, lui tient un discours, qu'il a mûrement préparé: "Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils..." et le père ne lui laisse même pas le temps d'aller jusqu'au bout, car il l'embrasse et fait aussitôt venir ses serviteurs pour remédier à son état.

Donc, l'heure du jugement vient pour tous - et il vaut mieux être prévenu. Mais entre le jugement et la condamnation, se dresse le dernier rempart: la Miséricorde. Je me suis souvenu de la question que soulevait un commentateur à propos du récit de la Genèse, quand Adam à goûté du fruit défendu que lui a tendu Eve. Adam le premier, après s'être caché de Dieu, va accuser la femme, plutôt que de reconnaître sa propre faute: "Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger ! L'homme répondit : C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné du fruit de l'arbre, et j'ai mangé !" Mais plutôt que de s'enfoncer lui-même ainsi, que ce serait-il passé s'il avait simplement reconnu sa faute et invoqué la miséricorde de Dieu ?

Tout ceci, je le crois, nous montre que l'homme se défie de Dieu et que, très souvent, il Le craint sans même avoir cherché à Le connaître. Pourquoi les athées se retournent si souvent contre les croyants ? Parce que ceux-ci croient en une possibilité de salut, et cette seule possibilité de salut les dérange tout à fait - car ils ne veulent pas certes pas changer de conduite ! Mais c'est un autre sujet.


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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,23-27.

Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu'il enseignait, les chefs des prêtres et les anciens du peuple l'abordèrent pour lui demander : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t'a donné cette autorité ? »
Jésus leur répliqua : « A mon tour, je vais vous poser une seule question ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela :
Le baptême de Jean, d'où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : 'Du ciel', il va nous dire : 'Pourquoi donc n'avez-vous pas cru à sa parole ? '
Si nous disons : 'Des hommes', nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. »
Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela.


Il y a des livres étranges et difficiles à lire, comme "Le pendule de Foucault", pour ne citer que lui. Je me souviens qu'à sa sortie, beaucoup l'ont acheté pour qu'il figure dans leur bibliothèque, mais seulement quelques-uns se sont vantés de l'avoir lu... Sans doute craignaient-ils qu'on leur pose une question (ce que je n'ai pas manqué de faire: "S'il vous plaît, expliquez-moi, tel passage, moi je n'y ai rien compris !").

Et pour lire jusqu'au bout certains romans russes, il faut parfois s'armer de patience et tenir une liste des personnages !

Eh bien, on pourrait dire que l’Évangile est un de ces livres, mais sa "difficulté" est à l'inverse des autres œuvres écrites par des érudits : l’Évangile, tout le monde croit pouvoir en venir à bout très rapidement, mais en réalité il est et demeure fermé spécialement aux sages et aux intelligents. Ils essaient de le pénétrer, mais           ils finissent par s'en détourner et le rejettent justement car leur force de raisonnement et leur intelligence s'y brisent comme des vagues sur un récif. Et plus fortes sont les vagues, plus le rocher semble résister.

C'est que l’Évangile ne se conquiert pas, mais on est conquis par lui. L’Évangile n'est pas pour les sages et les intelligents - à moins qu'ils acceptent de capituler leur sagesse et leur intelligence pour ouvrir le cœur - et je sais que cela peut prendre du temps.

Par contre, la parole du Seigneur touchera directement "les petits et les simples" car ils entendront jésus leur parler directement dans le cœur: "Un homme peut-il, par le souci qu'il se fait, prolonger sa vie d'une seule journée ?", "Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau", "Avant qu'Abraham fût, Je Suis !", "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis"... Pour entrer dans l’Évangile, il faut abaisser sa tête et obliger son ego à s'abaisser, lui aussi.

C'est ainsi qu'il en a été pour moi. Je chopais sur certains passages jusqu'à ce que je "capitule" et que je trouve le Christ.

S'il fallait donc "prouver" que l’Évangile ne s'ouvre qu'au cœur, je citerais volontiers l’évangile que j'ai cité 'aujourd'hui. Questionné par les chefs des prêtres et les anciens, Jésus pénètre leurs pensées, et leur propose un défi: répondez à ma question, je répondrai à la vôtre. Ils ne peuvent pas, non parce que la question est difficile, mais parce que répondre les jetterait dans la confusion ou les obligerait à choisir. C'est ainsi que se confirme d'ailleurs ce qu'écrit Jean au chapitre 3:

"19 Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
20 En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ;
21 mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu. »

C'est aussi simple que cela. Quiconque cherche la Vérité entend la voix de Jésus - à condition de la désirer comme quelque chose de vivant, qui donne la vie, et qui l'enrichit aussi. Quelle bénédiction, quelle
source de grâces, pour tous ceux et toutes celles qui ont ouvert le petit livre et se sont laissés guérir !

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Dernière édition par boisvert le Mar 10 Fév 2015 - 12:48, édité 7 fois
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gerardh
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MessageSujet: Re: Libres méditations   Jeu 5 Fév 2015 - 13:56

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Bonjour,

N'oublions pas aussi que "personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître" (Jean 1, 18)


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Libres méditations
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