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 Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 31 Aoû 2016 - 19:32

CHAPITRE XX
Des moyens à prendre pour combattre la négligence

(...) Et ainsi l’habitude de la négligence se forme insensiblement en nous et elle finit par prendre sur nous un tel empire qu’au moment même où elle tient nos mains liées, la honte que nous éprouvons de notre paresse extrême nous fait prendre la résolution d’être plus soigneux et plus diligents à l’avenir. Cette négligence se répand partout ; non seulement elle infecte notre volonté de son poison en lui inspirant l’horreur du travail, mais elle aveugle notre entendement en l’empêchant de voir combien sont vaines et mal fondées les résolutions que nous prenons de remplir désormais nos obligations avec promptitude et diligence tandis qu’à l’heure même où elles s’imposent à nous, nous les omettons volontairement ou les remettons à plus tard. Il ne suffit pas de faire promptement ce que l’on a à faire ; mais il faut le faire au temps que requièrent la qualité et la nature de l’action, et y apporter le soin convenable pour qu’elle ait toute la perfection possible. Ce n’est pas de la diligence, mais un raffinement de négligence, que de remplir nos obligations avant le temps marqué et de les expédier au plus vite, sans nous soucier de les bien remplir, afin de nous livrer tout à l’aise à ce repos paresseux qui poursuivait notre pensée, quand nous nous hâtions d’accomplir l’œuvre qui nous était imposée. Ce grave désordre vient de ce que l’on ne considère pas le prix d’une bonne action faite au temps voulu et avec la ferme résolution d’affronter les difficultés que le vice de la négligence oppose aux chrétiens nouvellement engagés dans la lutte. Considérez donc souvent qu’une seule aspiration vers Dieu, une simple génuflexion faite en son honneur, a plus de prix que tous les trésors du monde et que chaque fois que nous nous faisons violence à nous-mêmes et à nos passions déréglées, les anges apportent du royaume des cieux pour notre âme une couronne glorieuse. Songez au contraire que Dieu enlève peu à peu aux négligents les grâces qu’il leur avait données, tandis qu’il prodigue ses dons aux chrétiens diligents, en attendant qu’il les fasse entrer dans sa propre gloire. Si, dans les commencements, vous ne vous sentez pas assez fort pour aller généreusement au-devant des peines et des difficultés, tâchez de vous les cacher à vous-même afin de les trouver moindres qu’elles ne paraissent aux yeux des paresseux. Peut-être aurez-vous, pour acquérir la vertu à laquelle vous vous exercez, beaucoup d’actes à poser, des fatigues de plusieurs jours à surmonter, des ennemis nombreux et puissants à combattre. Commencez à former ces actes, comme si vous en aviez peu à produire ; travaillez comme si votre travail ne devait durer que peu de jours ; luttez contre un ennemi, comme s’il n’y avait que celui-là à combattre, et faites-le avec la ferme assurance qu’aidé de la grâce de Dieu, vous êtes plus fort que tous vos ennemis ensemble. Par ce moyen, vous affaiblirez votre tendance à la paresse et vous disposerez votre âme à acquérir peu à peu la vertu contraire. Faites de même pour l’oraison. Si votre oraison doit durer une heure et si ce temps effraie votre paresse, mettez-vous en prière comme si vous n’aviez qu’un demi-quart d’heure à prier ; vous arriverez ainsi sans difficulté au demi-quart d’heure suivant, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’heure soit passée. Si, au second demi-quart d’heure ou aux demi-quarts suivants, vous sentez trop de répugnance et de difficulté, abandonnez cet exercice, de peur de vous en dégoûter ; mais ayez soin de le reprendre peu de temps après. Tenez la même conduite à l’égard des œuvres manuelles, toutes les fois qu’il vous arrivera d’avoir beaucoup de besogne et que votre paresse, en exagérant le nombre et la difficulté de vos occupations, jettera le trouble dans votre âme.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 1 Sep 2016 - 18:20

CHAPITRE XX
Des moyens à prendre pour combattre la négligence


(...) Commencez courageusement et paisiblement le premier ouvrage comme si c’était le seul que vous eussiez à faire. Mettez-y tout votre soin et vous viendrez à bout de la besogne avec bien moins de peine que votre paresse ne vous le faisait croire. Si vous
négligez ce moyen, si vous n’allez pas au-devant des peines et des traverses, le vice de la paresse prendra sur vous un tel empire que les difficultés attachées aux débuts de la vie spirituelle seront pour vous une cause d’inquiétude et d’ennui, non seulement quand elles seront présentes, mais alors même qu’elles seront encore bien loin de vous. Vous craindrez toujours d’être tourmenté et assailli par vos ennemis, et de voir arriver près de vous des personnes prêtes à vous imposer des obligations nouvelles, si bien qu’au sein même du repos, votre vie sera en proie à une inquiétude continuelle. Sachez que ce vice infecte de son poison caché non seulement les jeunes et tendres racines qui devaient produire les habitudes des vertus, mais les racines mêmes des habitudes déjà acquises. Comme le ver ronge le bois, ainsi ce vice ronge insensiblement la moelle de la vie spirituelle. Le démon s’en sert pour tendre des embûches et des pièges à tous les hommes, mais particulièrement à ceux qui aspirent à la perfection. Veillez donc, priez et faites de bonnes œuvres, et n’attendez point pour tisser le lin de votre robe nuptiale que le temps soit venu de vous en revêtir pour aller au-devant de l’époux. Souvenez-vous chaque jour que celui qui vous donne le matin ne vous promet pas le soir, et qu’en vous donnant le soir, il ne vous promet pas le matin suivant. Employez donc tous les moments de l’heure selon le bon plaisir de Dieu et comme si vous n’aviez pas d’autre temps à attendre ; d’autant plus que vous aurez à rendre au Seigneur un compte détaillé de tous les moments de votre vie. Je finis en vous avertissant de regarder comme perdue toute journée, si occupée qu’elle ait été, où vous n’aurez pas remporté de victoire sur vos inclinations mauvaises et sur votre volonté propre, où vous n’aurez pas remercié le Seigneur de ses bienfaits et en particulier de la douloureuse Passion qu’il a endurée pour vous, ainsi que de ses doux et paternels châtiments, lorsqu’il vous aura jugé digne de recevoir le trésor inestimable de quelque tribulation.


CHAPITRE XXI
De la manière de gouverner les sens extérieurs et comment on peut les faire servir à la contemplation des choses divines


La direction et le bon gouvernement des sens extérieurs exige une grande vigilance et une application constante ; car l’appétit sensitif qui est, pour ainsi parler, le capitaine de notre nature corrompue, se précipite éperdument à la poursuite des plaisirs et des satisfactions charnelles. Dans l’impuissance où il est de se les procurer par lui-même, il emploie les sens, comme autant de soldats et d’instruments naturels, pour saisir les objets de sa convoitise ; et après s’en être formé une image, il l’attire à lui et l’imprime dans l’âme. C’est de là que vient le plaisir ; à la faveur de l’alliance étroite qui existe entre l’esprit et la chair, il se répand dans tous les sens qui en sont capables ; et il en résulte une contagion qui infecte tout ensemble le corps et l’âme, et finit par tout corrompre. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 3 Sep 2016 - 3:06

CHAPITRE XXI
De la manière de gouverner les sens extérieurs et comment on peut les faire servir à la contemplation des choses divines


(...) Vous connaissez le mal, apprenez le remède. Soyez attentif à ne point laisser errer vos sens en liberté ; ne vous en servez point quand le seul plaisir vous y porte et qu’aucune raison d’utilité ou de nécessité n’en légitime l’usage. Et si, trompant votre vigilance, ils s’élancent trop en avant, faites en sorte de les retirer en arrière et de si bien les régler que les créatures, au lieu de les rendre comme auparavant misérablement esclaves des vains plaisirs, leur offrent un riche butin qu’ils pourront ensuite porter au-dedans de l’âme. Que l’âme alors recueillie en elle-même étende les ailes de ses puissances et s’élève à la contemplation de Dieu. C’est ce que vous pourrez faire de la manière suivante. Lorsqu’un objet se présente à l’un de vos sens, efforcez-vous par la pensée de dégager de cet objet créé ce qu’il y a en lui de spirituel ; songez qu’il ne possède par lui-même aucune des propriétés qui tombent sous vos sens, mais qu’il doit à Dieu tout ce qu’il est ; que Dieu, par son Esprit, lui donne d’une manière invisible l’être, la bonté, la beauté et toutes les qualités que vous admirez en lui. Réjouissez-vous alors de voir que votre Dieu est l’auteur et le principe unique des perfections si nombreuses et si variées des créatures, qu’il les renferme toutes éminemment en lui-même, et qu’elles ne sont qu’une imitation grossièreté de ses perfections infinies. Quand vous vous surprendrez à admirer de belles choses, vous les réduirez, par la pensée, à leur propre néant ; puis vous tournerez l’œil de votre âme vers le souverain Créateur qui est présent en elles et qui leur a donné l’être et, ne prenant plaisir qu’en lui seul, vous vous écrierez : Ô essence divine, essence souverainement désirable, combien je me réjouis de ce que vous êtes le principe unique et infini de tout être créé ! Quand vous verrez des arbres, des plantes ou d’autres choses semblables, vous réfléchirez que la vie dont ces êtres sont doués, ils ne la tiennent pas d’eux-mêmes mais de l’Esprit invisible qui seul les vivifie, et vous direz : Voilà la véritable vie, de laquelle, en laquelle et par laquelle vivent et croissent toutes choses. Oh ! quelle joie j’en ressens en mon cœur ! De même, en voyant les animaux privés de raison, vous élèverez votre âme à celui qui leur donne la sensibilité et le mouvement, et vous lui direz : Ô premier moteur qui, en imprimant le mouvement à tous les êtres, demeurez immobile en vous-même, que je me réjouis de votre stabilité et de votre immutabilité ! Quand vous vous sentez attiré par la beauté des créatures, séparez ce que vous voyez de l’Esprit que vous ne voyez pas, et considérez que c’est l’Esprit invisible qui leur a donné ces charmes extérieurs ; dites-vous alors dans la joie de votre âme : Voilà les ruisseaux de la fontaine infini de tout bien. Oh ! quelle joie je ressens au fond de mon cœur, quand je pense à la beauté infinie, éternelle, qui est la source et le principe de toute beauté créée ! Faites la même distinction lorsque vous verrez briller dans votre prochain la bonté, la justice, ou quelque autre vertu, et dites à votre Dieu : Ô trésor inépuisable de toutes les vertus, que j’aime à voir que tout bien dérive de vous et se maintient par vous, et que tout n’est que néant en comparaison de vos perfections divines.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 3 Sep 2016 - 19:54

CHAPITRE XXI
De la manière de gouverner les sens extérieurs et comment on peut les faire servir à la contemplation des choses divines


(...) Je vous remercie, Seigneur, de ce bien et de tout le bien que vous avez fait à mon prochain ; souvenez-vous, mon Dieu, de ma pauvreté et de l’extrême besoin que j’ai de la vertu de… (Nommez la vertu qui vous manque). Quand vous vous mettez à faire quelque chose, pensez que Dieu est la première cause de cette action, que vous n’êtes entre ses mains qu’un instrument vivant, et élevez votre pensée vers lui, en disant : Quelle joie j’éprouve au fond de moi-même, ô Maître suprême de l’univers, en songeant que je ne puis rien faire sans vous, et que vous êtes le premier et le principal artisan de toute chose ! Lorsque vous mangez ou que vous buvez, considérez que c’est Dieu qui donne la saveur à la nourriture, et ne prenant votre plaisir qu’en lui seul, dites-vous à vous-même : Réjouis-toi, mon âme, à la pensée qu’il n’y a point en-dehors de Dieu de contentement véritable, mais que, d’un autre côté, tu peux en toutes choses te réjouir uniquement en lui. Si vous respirez une odeur agréable, gardez-vous de vous arrêter au plaisir qu’elle vous procure, mais élevez-vous en esprit vers celui qui a fait pour vous ce parfum délicieux et dites-lui dans la joie de votre cœur : Ah ! mon Dieu, faites, je vous en conjure, que tandis que je prends plaisir à penser que toute suavité dérive de vous, mon âme, dégagée des plaisirs terrestres, s’élève vers vous comme un parfum d’agréable odeur. Quand des chants harmonieux viennent frapper votre oreille, élevez votre âme vers Dieu et dites-lui : Quelle joie j’éprouve, ô mon Seigneur et mon Dieu, quand je songe à l’harmonie plus que céleste que vos infinies perfections toutes ensemble rendent au-dedans de vous-même, et au merveilleux concert qu’elles forment par leur union avec les anges, les cieux et toutes les créatures.

CHAPITRE XXII
Comment les choses extérieures peuvent nous aider à régler nos sens et à passer à la méditation des mystères de la vie et de la Passion du Verbe incarné


Je vous ai montré comment nous pouvons nous servir des choses sensibles pour nous élever à la contemplation de la divinité. Apprenez maintenant à vous exciter par leur moyen à la méditation des mystères de la vie et de la Passion du Verbe incarné. Toutes les créatures peuvent servir à cette fin. Considérez en elles, ainsi que nous venons de le dire, ce Dieu suprême, cause première et unique de leur être, de leur beauté et de toutes leurs perfections ; et considérez ensuite quelle grande, quelle immense bonté il nous a témoignée en daignant, lui, l’unique principe et le maître souverain de toute chose, se ravaler jusqu’à se faire homme, jusqu’à souffrir et mourir pour sa créature, jusqu’à souffrir et mourir pour sa créature, jusqu’à permettre aux œuvres mêmes de ses mains de s’armer contre lui pour le crucifier. Vous trouverez une infinité de choses qui mettront ces mystères adorables sous les yeux de votre âme. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Lun 5 Sep 2016 - 4:10

CHAPITRE XXII
Comment les choses extérieures peuvent nous aider à régler nos sens et à passer à la méditation des mystères de la vie et de la Passion du Verbe incarné


(...) Les armes, par exemple, les cordes, les fouets, les colonnes, les épines, les clous, les marteaux, tous les objets enfin qui ont servi d’instruments à la Passion vous rappelleront ses souffrances cruelles. Les logements pauvres et incommodes rendront présents à votre mémoire l’étable et la crèche du Sauveur. La pluie vous fera souvenir de cette pluie de sang divin qui attisa le jardin des oliviers ; les pierres que nous foulons aux pieds nous rappelleront les pierres qui se brisèrent à sa mort ; la terre, le tremblement qui l’agita à cette heure suprême ; le soleil, les ténèbres qui l’enveloppèrent ; l’eau des fontaines, l’eau mêlée de sang qui sortit de son côté entrouvert ; et ainsi de tant d’autres choses qui se présenteront à vos yeux. Si vous buvez du vin ou quelque autre liqueur, rappelez-vous le vinaigre et le fiel dont on abreuva votre divin Maître. Si l’odeur des parfums vous attire, reportez votre pensée à l’odeur infecte que les cadavres lui envoyaient sur le mont Calvaire. Quand vous vous habillez, songez que le Verbe éternel s’est revêtu de votre chair mortelle pour vous revêtir de sa divinité ; et quand vous vous déshabillez, pensez que votre Sauveur a été dépouillé de ses vêtements pour être flagellé et crucifié pour vous. Quand vous entendez les clameurs et le bruit confus de la foule, souvenez-vous de ces cris abominables qui retentirent à ses oreilles : Qu’il meure, qu’il meure ! Crucifiez-le, crucifiez-le ! Quand la cloche gémit sous le marteau qui la frappe, songez à ce mortel battement de cœur que fit éprouver à Jésus, dans le jardin des oliviers, la crainte de sa Passion et de sa mort prochaine ; ou bien figurez-vous entendre les coups de marteaux qui l’attachèrent à la croix. Quand vous vous sentez vous-même, ou que vous voyez les autres en proie à la tristesse et à la douleur, songez que ces afflictions ne sont rien, comparées aux inconcevables angoisses qui transpercèrent le corps et l’âme de votre Sauveur.

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


Après vous avoir enseigné la manière d’élever votre esprit des choses sensibles à la considération de la divinité et des mystères du Verbe incarné, j’ajouterai ici quelques autres moyens d’en tirer divers sujets de méditation, afin de procurer aux âmes une nourriture abondante et appropriée à la diversité de leurs goûts, et de rendre service, non seulement aux personnes simples, mais même aux personnes d’un esprit plus élevé et plus versé dans les choses spirituelles ; car quelque avancé que l’on soit dans la voie de la perfection, on ne se sent pas toujours également disposé aux plus hautes spéculations. Vous n’avez point à craindre de vous embarrasser dans cette variété de pratiques, du moment que vous usez de discrétion et que vous prenez conseil d’un sage directeur. Abandonnez-vous entre ses mains avec humilité et confiance, non seulement pour ce qui regarde ce que je vais dire maintenant, mais pour tout ce que je vous dirai dans la suite. (...)
Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mar 6 Sep 2016 - 5:07

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


(...) Quand vous jetterez lez yeux sur des objets qui flattent la vue ou jouissent de l’estime des hommes, persuadez-vous bien que toutes ces choses sont souverainement méprisables, qu’elles ne sont pour ainsi dire que de la boue en comparaison des richesses du Ciel, et foulez aux pieds les biens de ce monde pour n’aspirer qu’à la possession des biens éternels. Quand vous tournez les yeux vers le soleil, pensez que votre âme, lorsqu’elle est ornée de la grâce, est plus radieuse et plus belle que l’astre du jour ; et que, sans la grâce, elle est plus noire et plus affreuse que les ténèbres de l’enfer. Quand vous levez vos regards vers la voûte céleste, pénétrez des yeux de l’âme jusqu’au divin empire, et arrêtez-vous-y par la pensée, comme dans le lieu destiné à devenir le séjour de votre éternelle félicité, si vous suivez ici-bas le chemin de l’innocence. Quand vous entendez le chant des oiseaux ou de suaves mélodies, élevez votre esprit au séjour des délices où résonne l’éternel alléluia, et priez le Seigneur de vous rendre digne de chanter éternellement ses louanges avec les esprits célestes. Quand vous vous apercevez que vous prenez plaisir à la beauté des créatures, songez que le serpent infernal se cache sous ces charmes trompeurs ; qu’il vous observe et s’apprête à vous donner la mort, ou du moins à vous blesser grièvement. Dites-lui alors : Eh quoi ! serpent maudit, tu me tends des embûches pour me dévorer ? Vous tournant ensuite vers Dieu : Soyez béni, lui direz-vous, de m’avoir découvert l’ennemi et de m’avoir délivré de sa rage meurtrière. De ces attraits séducteurs, fuyez soudain aux plaies de Jésus crucifié ; et, retiré dans cet asile, considérez combien le Seigneur a souffert dans sa chair adorable pour vous délivrer du péché et vous inspirer l’horreur des plaisirs charnels. Un autre moyen de vous dérober aux dangereuses amorces du plaisir, c’est de rentrer en vous-même et de penser à ce que deviendra après sa mort cette créature dont les charmes vous attirent. Quand vous êtes en chemin, souvenez-vous que chacun de vos pas vous approche du tombeau ; et à la vue des oiseaux qui traversent l’air et du ruisseau qui fuit, pensez que votre vie vole à son terme avec plus de rapidité encore. Lorsque s’élèvent des vents impétueux, que l’éclair brille et que l’orage gronde, souvenez-vous du jour épouvantable du jugement et, fléchissant le genou, adorez le Seigneur et priez-le de vous donner la grâce et le temps de vous bien préparer à paraître devant sa majesté souveraine. Dans les accidents nombreux auxquels votre vie est sujette, voici la conduite que je vous engage à tenir. S’il arrive, par exemple, que la douleur ou la mélancolie vous accable, que la chaleur, la froidure ou toute autre incommodité vous fasse souffrir, élevez votre esprit à cette volonté éternelle qui se plaît, pour votre bien, à vous envoyer cette peine et qui sait la proportionner à vos forces. Vous réjouissant alors de l’amour que Dieu vous témoigne et de l’occasion qu’il vous présente de le servir de la manière qui lui est le plus agréable, vous direz du fond du cœur : C’est maintenant que s’accomplit en moi la volonté de la divine Providence qui a décrété de toute éternité de m’envoyer aujourd’hui cette affliction. Que sa bonté en soit louée à jamais ! Et quand vous découvrirez un saint désir dans votre cœur, tournez-vous à l’instant vers le Seigneur ; reconnaissez que cette bonne pensée vient de lui et rendez-lui grâces. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mar 6 Sep 2016 - 18:37

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


(...) Quand vous faites une lecture pieuse, imaginez-vous que c’est le Seigneur qui vous adresse les paroles que vous lisez, et acceptez-les comme si elles sortaient de sa bouche divine. Quand vous regardez la croix, pensez qu’elle est votre enseigne de guerre, qu’en vous éloignant d’elle vous tomberez aux mains de vos ennemis, et qu’en la suivant vous entrerez dans le Ciel, chargé de glorieuses dépouilles. Quand vous voyez l’image bien-aimée de la Vierge Marie, tournez votre cœur vers cette auguste Reine du Ciel ; remerciez-la de ce qu’elle est soumise en toute occasion à la volonté de Dieu, de ce qu’elle a enfanté, allaité et nourri le Rédempteur du monde, et de ce qu’elle est toujours prête à nous accorder sa faveur et son aide dans votre combat spirituel. Que les images des saints vous rappellent le souvenir de ces soldats généreux qui, en fournissant vaillamment leur carrière, vous ont frayé le chemin que vous devez suivre pour obtenir comme eux la couronne d’éternelle gloire. Lorsque vous verrez une église, vous pourrez, entre autres considérations pieuses, penser que votre âme est le temple de Dieu, et que vous devez la conserver pure et nette, comme sa demeure. En quelque temps que vous entendiez la cloche avertir les fidèles de réciter trois fois la salutation angélique, vous pouvez faire de courtes réflexions en rapport avec les paroles que l’on a coutume de dire avant chaque Ave Maria. Au premier coup, remerciez Dieu du céleste message qu’il envoya sur la terre et qui fut le commencement de notre salut. Au second coup, réjouissez-vous avec la Vierge Marie des grandeurs auxquelles Dieu l’a élevée, à cause de sa profonde et incomparable humilité. Au troisième coup, unissez-vous à la bienheureuse Mère et à l’ange Gabriel pour adorer le divin Enfant nouvellement conçu. N’oubliez pas de faire, en signe de respect, une légère inclination de tête à chaque tintement de la cloche, et tout spécialement au dernier. Ces courtes méditations ainsi divisées peuvent servir pour tous les temps. En voici d’autres relatives à la Passion de Notre Seigneur que l’on pourra faire le soir, le matin et le midi. On ne saurait se rappeler trop souvent les douleurs que notre divine Reine a ressenties à la vue des souffrances de son Fils ; y manquer serait de notre part une noire ingratitude. Le soir, souvenez-vous des angoisses que causèrent à cette Vierge très pure la sueur de sang, la prise de Jésus au jardin des oliviers et tant de douleurs secrètes que son bien-aimé Fils a endurées durant cette nuit affreuses. Le matin, compatissez à l’affliction que lui causa la présentation de Jésus à Pilate et à Hérode, sa condamnation à mot et le portement de croix. À midi, pensez au glaive de douleur qui transperça le cœur de l’inconsolable Mère, quand elle fut témoin du crucifiement et de la mort de Jésus, et qu’elle vit une lance cruelle ouvrir son côté sacré. Vous pourrez faire ces méditations sur les douleurs de la Sainte Vierge du jeudi soir au samedi, et faire les premières aux autres jours. Suivez pourtant votre dévotion particulière et les inspirations qui vous viendront des circonstances extérieures. Et pour résumer en peu de mots la méthode à suivre pour le règlement de vos sens, tenez-vous sur vos gardes afin de ne vous laisser émouvoir et attirer ni par l’amour, ni par l’aversion que les objets extérieurs vous inspirent, mais uniquement par la volonté de Dieu, n’embrassant ou ne rejetant jamais que ce que Dieu veut que vous embrassiez ou que vous rejetiez. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 8 Sep 2016 - 4:42

CHAPITRE XXIII
De quelques autres moyens de régler nos sens selon les diverses circonstances qui se présentent


(...) Et remarquez que je ne vous ai pas donné ces moyens de régler vos sens pour que vous en fassiez votre occupation. Ce que vous devez faire, c’est vous tenir presque continuellement faire,
c’est vous tenir presque continuellement recueilli en Dieu et vous attacher, pour accomplir sa volonté sainte, à vaincre vos ennemis et vos passions mauvaises, en résistant à leurs suggestions et en produisant les actes des vertus contraires. Je ne vous ai signalé ces règles de conduite que pour que vous sachiez vous en servir au besoin. Vous devez savoir que la multiplicité des exercices, même les meilleurs, bien loin d’être favorable à l’avancement spirituel, n’est souvent qu’un embarras pour l’esprit, une illusion d’amour-propre, une marque de légèreté et un piège du démon.


CHAPITRE XXIV De la manière de régler sa langue

La langue de l’homme a grand besoin d’être bien réglée et tenue en bride, parce que nous sommes tous fort enclins à parler à tout propos des choses qui flattent les sens. L’intempérance de langage vient le plus souvent d’un certain orgueil qui nous persuade que nous avons de grandes connaissances. Pleins d’admiration pour nos propres pensées, nous nous efforçons, à force de les redire, de les imprimer dans l’esprit des autres et de nous constituer leurs maîtres, comme s’ils avaient besoin de nos leçons. Il faudrait un long discours pour dire les maux qui naissent de cette surabondance de paroles. La loquacité est une source d’oisiveté, une marque d’ignorance, une folie, une porte ouver te à la médisance, une source de mensonges et un obstacle à la ferveur. L’affluence des paroles fortifie les passions mauvaises, et cette force qu’elle donne aux passions porte la langue à se livrer de plus en plus à l’indiscrétion du langage. Ne vous étendez pas en longs discours avec les personnes qui ne vous écoutent pas volontiers, de peur de les ennuyer, et faites de même avec ceux qui vous prêtent une oreille attentive, de peur d’excéder les bornes de la modestie. Évitez le ton magistral et les éclats de voix. Cette manière de parler est fort désagréable et dénote beaucoup de suffisance et de présomption. Ne parlez jamais de vous, de vos actions, de vos parents, à moins que la nécessité ne vous y oblige ; et en ce cas, faites-le brièvement et avec beaucoup de retenue. S’il vous semble qu’un autre parle trop de lui-même, croyez qu’il le fait pour un bon motif mais ne l’imitez point, parlât-il pour s’humilier et s’accuser lui-même. Parlez le moins possible du prochain et des choses qui le concernent, si ce n’est pour en dire du bien quand l’occasion s’en présente. Parlez volontiers de Dieu et tout spécialement de son amour et de sa bonté pour nous, mais en cela même craignez de dépasser les bornes ; prenez plutôt plaisir à écouter ce que les autres disent à cet égard, et conservez leurs paroles dans le fond de votre cœur. Quant aux discours profanes, qu’ils s’arrêtent à vos oreilles et laissent votre pensée absorbée dans le Seigneur.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Jeu 24 Nov 2016 - 7:21

CHAPITRE XXIV De la manière de régler sa langue

(...) Que s’il est nécessaire d’écouter celui qui parle pour le comprendre et être à même de lui répondre, ne laissez point pourtant d’élever de temps en temps un regard vers le Ciel où votre Dieu habite ; considérez sa majesté suprême, comme lui-même regarde votre bassesse. Pesez bien les choses qui vous viennent à l’esprit avant de les confier à la langue, et vous en trouverez beaucoup qu’il serait mieux de taire. Parmi les choses même qui vous sembleront bonnes à dire, plusieurs pourront avec avantage être passées sous silence ; pour vous en convaincre, pensez-y quand l’occasion de les dire sera passée. Le silence est une grande force dans le combat spirituel ; c’est le gage assuré de la victoire. Le silence est ami de celui qui se défie de lui-même et se confie en Dieu ; il conserve l’esprit d’oraison et nous aide merveilleusement dans l’exercice des vertus. Pour vous accoutumer à vous taire, considérez souvent les maux et les dangers qu’entraîne l’intempérance de langage, les avantages immenses que procure le silence. Excitez-vous à l’amour de cette vertu et, pour en acquérir l’habitude, taisez-vous durant quelque temps, alors même que vous auriez sujet de parler, pourvu toutefois que votre silence ne soit préjudiciable ni aux autres, ni à vous-même. Un excellent moyen encore, ce sera de vous tenir éloigné des conversations ; au lieu de la compagnie des hommes, vous aurez celle des anges, des saints et de Dieu lui-même. Enfin, songez à la guerre que vous avez entreprise, et la considération de ce qui vous reste à faire vous détournera des entretiens inutiles.

CHAPITRE XXV Que pour bien combattre les ennemis, le soldat du Christ doit éviter avec tout le soin possible ce qui est de nature à troubler la paix de son cœur


S’il n’y a point d’efforts que nous ne devions faire pour recouvrer la paix du cœur, quand nous l’avons perdue, il n’y a point non plus d’accident au monde qui doive raisonnablement nous la ravir ou même la troubler. Nous devons, sans doute, avoir le regret de nos fautes mais, comme je l’ai dit plusieurs fois déjà, ce doit être une douleur paisible et modérée ; nous devons également avoir une tendre compassion pour les autres pécheurs et pleurer leurs fautes au moins intérieurement, mais tout cela encore doit se faire sans inquiétude d’esprit. Pour ce qui regarde les autres maux auxquels nous sommes sujets, tels que la maladie, les blessures, la perte de nos proches, la peste, la guerre, les incendies et tant d’autres accidents pour lesquels les hommes éprouvent une horreur instinctive, nous pouvons, moyennant le secours de la grâce, les accepter non seulement avec résignation, mais même avec amour. Il suffit pour cela que nous les regardions comme autant de châtiments équitables infligés aux pécheurs et d’occasions de mérites offertes aux justes.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Ven 25 Nov 2016 - 5:19

CHAPITRE XXV Que pour bien combattre les ennemis, le soldat du Christ doit éviter avec tout le soin possible ce qui est de nature à troubler la paix de son cœur

(...) Ces deux considérations font que Dieu même prend plaisir à nous éprouver ; et si nous savons nous conformer à sa volonté sainte, nous traverserons, l’esprit paisible et tranquille, toutes les contrariétés et les amertumes de la vie. Tenez pour assuré que
toutes nos inquiétudes déplaisent aux yeux du Seigneur parce que, quelle que soit leur nature, elles sont toujours accompagnées d’imperfections et procèdent d’une mauvaise racine d’amour-propre. C’est pourquoi il vous faut avoir une sentinelle toujours éveillée qui, à la première apparition d’une cause quelconque de trouble et d’inquiétude, s’empresse de vous donner l’éveil, afin que vous vous armiez pour la défense, en considérant que tous ces maux, et beaucoup d’autres du même genre, ne sont que des maux apparents ; qu’ils sont impuissants à nous enlever les biens véritables et que Dieu les envoie ou les permet pour les fins que nous avons indiquées plus haut, ou pour d’autres raisons cachées à nos yeux, mais assurément très équitables et très saintes.

Si nous conservons, au milieu des accidents même les plus fâcheux, cette tranquillité d’âme et cette paix inaltérable, nous pourrons faire beaucoup de bien ; sinon, nos efforts n’auront que peu ou point de succès. Notre ennemi déteste souverainement cette paix du cœur, car il sait que l’Esprit de Dieu choisit ce séjour pour y opérer de grandes choses. Aussi, il n’est point d’efforts qu’il ne fasse pour nous ravir ce précieux trésor. Le plus souvent, il vient à nous inspire des désirs excellents en apparence, mais dont la nature réelle se reconnaît à plusieurs marques, et à celle-ci spécialement qu’ils nous enlèvent la paix du cœur. Si vous voulez prévenir un mal si dangereux, gardez-vous bien, quand la sentinelle vous avertira de la présence d’un nouveau désir, de lui ouvrir immédiatement l’entrée de votre cœur. Dépouillez-vous auparavant de toute volonté propre, présentez ce désir à Dieu et, confessant votre aveuglement et votre ignorance, priez-le instamment de vous faire connaître, aux rayons de sa lumière, s’il vient de lui ou de votre ennemi ; recourez en outre, si vous le pouvez, à l’avis de votre père spirituel. Alors même que vous auriez la certitude que ce désir vient de Dieu, ne le mettez pas à exécution, que vous n’ayez auparavant mortifié votre ardeur excessive : votre bonne œuvre, précédée de cet acte de mortification, plaira beaucoup plus au Seigneur que si vous vous y portiez avec l’empressement qui vous est naturel ; bien plus, il arrivera parfois que la mortification lui sera plus agréable que l’œuvre même. En chassant ainsi loin de vous les désirs mauvais et en n’exécutant les bons qu’après avoir réprimé les mouvements de la nature vous parviendrez à maintenir en paix et en sécurité la forteresse de votre cœur. Pour conserver cette tranquillité parfaite, il faut en outre défendre et garder votre cœur contre certains remords de conscience qui, par le fait même qu’ils vous reprochent un défaut véritable, semblent être inspirés par Dieu, tandis qu’en réalité ils vous viennent du démon. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 26 Nov 2016 - 6:39

CHAPITRE XXV Que pour bien combattre les ennemis, le soldat du Christ doit éviter
avec tout le soin possible ce qui est de nature à troubler la paix de son cœur


(...) Vous reconnaîtrez le principe aux effets qu’il produit. Si ces reproches vous humilien t et augmentent votre ferveur pour le bien, s’ils ne vous ôtent point la confiance que vous avez en Dieu, vous devez les recevoir avec action de grâces comme des faveurs du Ciel. Mais s’ils vous troublent, s’ils vous rendent timide, défiant, paresseux et sans vigueur pour le bien, tenez pour certain qu’ils viennent de l’ennemi ; partant, méprisez-les et continuez votre exercice. En outre, comme l’inquiétude naît le plus souvent en notre cœur à la suite d’événements fâcheux, vous avez, pour repousser ses attaques, deux choses à faire. La première, c’est de considérer et de voir à quoi ces accidents sont contraires, si c’est à l’esprit de perfection ou bien à l’amour-propre et aux inclinations de la nature. S’ils sont contraires à vos penchants et à l’amour-propre qui est votre ennemi capital et votre plus redoutable adversaire, vous devez les regarder, non comme des événements fâcheux, mais comme une faveur et un secours que le Très-Haut vous envoie, et les recevoir avec des sentiments de joie et de reconnaissance. Et s’ils sont opposés à l’esprit de perfection, il ne faut pas pour cela perdre la paix du cœur, comme on le dira dans le chapitre suivant. La seconde chose que vous avez à faire, c’est d’élever votre esprit vers Dieu, et d’accepter avec indifférence et les yeux fermés les présents que vous fait sa main miséricordieuse, persuadé que ce sont autant de faveurs infiniment précieuses, quoique vous en ignoriez présentement la valeur.

CHAPITRE XXVI De ce que nous avons à faire quand nous nous sentons blessés


Quand une faute quelconque a fait une blessure à votre âme, que cette faute provienne de votre fragilité naturelle ou qu’elle ait été commise avec intention et avec malice, gardez-vous bien de vous laisser aller au découragement et à l’inquiétude. Tournez-vous plutôt vers Dieu et dites-lui : Voilà, Seigneur, que j’ai agi en misérable pécheur que je suis ; que pouviez-vous attendre de moi, hormis des chutes ? Et, vous arrêtant quelques instants à cette pensée, humiliez-vous à vos propres yeux, repentez-vous de l’offense faite au Seigneur et, sans vous troubler, entrez dans les sentiments d’une juste colère contre vos passions mauvaises, et spécialement contre celle qui a causé votre chute. Poursuivez ensuite votre prière : Je n’en serais pas demeuré là, Seigneur, si vous ne m’aviez arrêté en chemin. Ici, remerciez et efforcez-vous d’aimer plus que jamais ce Dieu qui, malgré vos offenses, persiste à vous tendre une main secourable pour vous préserver de chutes nouvelles. Enfin, dites-lui avec une confiance sans bornes en son infinie miséricorde. Seigneur, agissez à mon égard, comme un Dieu que vous êtes ; pardonnez-moi ma faute, et ne permettez pas que je vous abandonne pour vivre loin de vous. Faites que je ne vous offense jamais plus. Votre prière achevée, ne vous demandez pas si Dieu vous a, oui ou non, pardonné. C’est là un prétexte spécieux qui ne cache qu’orgueil, inquiétude d’esprit, perte de temps et illusion du démon. Abandonnez-vous plutôt entre les mains Miséricordieuses de Dieu et continuez votre exercice, comme si vous n’aviez pas fait de chute.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 26 Nov 2016 - 20:13

CHAPITRE XXVI De ce que nous avons à faire quand nous nous sentons blessés

(...) S’il vous arrive de tomber plusieurs fois le jour, que le nombre de vos chutes et de vos blessures ne vous décourage pas. Faites ce que je vous ai dit autant de fois que vous tomberez, et avec autant de confiance la dernière fois que la première. Concevez toujours un plus grand mépris de vous-même et une plus grande horreur du péché, et efforcez-vous de vous tenir désormais mieux sur vos gardes. Le démon a cet exercice en horreur, parce qu’il est infiniment agréable à Dieu et que lui-même en retire toujours la confusion de se voir compté par une âme qu’il avait d’abord vaincue. C’est pourquoi il emploie tous ses artifices pour nous le faire abandonner, et il en vient souvent à bout, grâce à notre négligence et à notre peu de vigilance sur nous-mêmes. Ainsi, plus cet exercice vous présente de difficulté, plus vous devez faire effort sur vous-même pour y être fidèle. Revenez-y plusieurs fois, quand même vous n’auriez fait qu’une seule chute. Et si, après avoir commis une faute, vous vous sentez inquiet, troublé et découragé, la première chose que vous avez à faire, c’est de recouvrer la paix du cœur et la confiance en Dieu. Après vous être muni de ces armes, tournez-vous vers le Seigneur, car l’inquiétude que vous cause votre péché a bien moins pour objet l’offense faite à Dieu que le dommage qui en résulte pour vous-même. Le moyen de recouvrer cette paix si précieuse, c’est d’oublier pour un instant la chute que vous avez faite et de considérer l’ineffable bonté de Dieu, sa clémence toujours prête à oublier l’injure, toujours désireuse de pardonner l’offense, si énorme qu’elle soit, sa persévérance à appeler le pécheur et à l’exhorter de mille façons pour qu’il se jette entre ses bras qui sanctifie et dans l’autre par la gloire qui rend éternellement heureux. Après avoir, à l’aide de ces considérations ou d’autres semblables, rendu la paix à votre âme, revenez à votre chute et faites comme je vous ai dit plus haut. Enfin, quand le temps sera venu de vous approcher du sacrement de pénitence, ce que je vous engage à faire souvent, remettez-vous toutes vos chutes devant les yeux et déclarez-les à votre père spirituel avec une entière sincérité, une vive douleur d’avoir offensé Dieu et un ferme propos de ne plus l’offenser à l’avenir.

CHAPITRE XXVII Comment le démon a coutume de tenter et de séduire ceux qui veulent s’adonner à la vertu, et ceux qui vivent dans l’esclavage du péché

Le démon veut entraîner tous les hommes à leur ruine, mais il ne les attaque pas tous de la même manière. Pour vous dévoiler les moyens d’attaque et les artifices qu’il emploie, il faut que je vous mette sous les yeux les divers états où les hommes peuvent se trouver : - Les uns sont esclaves du péché et ne songent nullement à sortir de leur esclavage. - Les autres voudraient bien en sortir, mais ils reculent devant les difficultés de l’entreprise. - D’autres, croyant marcher dans le chemin de la vertu, ne font que s’en éloigner. - D’autres enfin, après avoir atteint un haut degré de perfection, font une chute plus dangereuse que jamais. Nous parlerons séparément de ces différentes sortes de personnes.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Lun 28 Nov 2016 - 5:12

CHAPITRE XXVIII De la conduite du démon à l’égard de ceux qu’il tient dans l’esclavage du péché

Lorsque le démon voit une âme asservie au péché, son unique occupation est de l aveugler de plus en plus et de la détourner de tout ce qui est de nature à lui faire connaître son misérable état. Il ne se contente pas de la détourner de toute pensée de conversion et d’opposer ses suggestions perfides aux inspirations du Seigneur ; il lui tend des pièges et l’engage dans des occasions dangereuses pour la faire tomber dans le même péché et dans de plus grands encore. L’âme ainsi aveuglée s’enfonce et s’habitue dans le péché ; et sa misérable vie roule de ténèbres en ténèbres et de crimes en crimes jusqu’à la mort, à moins que Dieu n’étende, pour la sauver, sa main miséricordieuse. Le remède à ce mal, c’est, pour le pécheur qui se trouve en ce misérable état, d’ouvrir son cœur aux pensées et aux inspirations qui l’appellent des ténèbres à la lumière, et de crier à Dieu du fond de son âme : Aidez-moi, Seigneur, je vous en conjure, aidez-moi promptement et ne me laissez pas gémir plus longtemps dans les ténèbres du péché. Ce cri de supplication, qu’il le répète sans se lasser jamais ; qu’il aille au plus tôt se jeter aux pieds d’un confesseur et lui demander l’aide et le secours dont il a besoin pour se délivrer des mains de l’ennemi ! Et s’il ne peut y aller sur l’heure, qu’il se jette aux pieds de son crucifix et l’invoque le visage prosterné contre terre ! Puis se tournant vers la Vierge Marie, qu’il implore sa miséricorde et son secours ! Soyez assuré que là se trouve le secret de la victoire, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant.


CHAPITRE XXIX Des artifices que le démon emploie pour retenir dans ses liens ceux qui connaissent leur mauvais état et cherchent à en sortir


; et pourquoi nos bons propos demeurent souvent sans exécution L’arme dont le démon se sert pour tromper et vaincre ceux qui connaissent le mauvais état de leur conscience et veulent changer de vie, c’est cette pensée : Je me convertirai plus tard. Et ils s’en sont répétant le cri du corbeau : Cras, cras, demain, demain. Je veux, disent-ils, terminer d’abord cette affaire, sortir de cet embarras ; après quoi, je m’adonnerai plus tranquillement à la vie spirituelle. C’est là un piège auquel beaucoup se sont laissé prendre et se laissent prendre encore tous les jours. Ce qui les fait ainsi succomber au piège du démon, c’est cette torpeur et cette paresse d’esprit qui les empêche, dans une affaire où le salut de notre âme et l’honneur de Dieu sont engagés, de prononcer enfin cette parole victorieuse : Maintenant, maintenant, et pourquoi plus tard ? Aujourd’hui, et pourquoi demain ? Ne devraient-ils pas se dire : Quand même ce plus tard, et ce demain me serait assuré, est-ce un moyen de faire mon salut et de me préparer à la victoire, que de me jeter au devant des traits de l’ennemi et de me précipiter dans de nouveaux désordres ? Vous soyez donc que le moyen d’éviter cette illusion et celle dont il a été parlé au chapitre précédent, le moyen de triompher de l’ennemi, c’est la prompte obéissance aux pensées et aux inspirations divines. Je parle d’obéissance prompte et non de simple propos ; car les propos sont trompeurs, et ils ont trompé bon nombre de personnes pour plusieurs raisons.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Lun 28 Nov 2016 - 18:26

CHAPITRE XXIX Des artifices que le démon emploie pour retenir dans ses liens ceux qui connaissent leur mauvais état et cherchent à en sortir

(...) La première que j’ai touchée plus haut, c’est que nos résolutions ne sont pas fondées sur la défiance de nous-mêmes et la confiance en Dieu ; et qu’ainsi nous ne parvenons pas à découvrir en nous ce fond d’orgueil qui est le principe de notre illusion et de notre aveuglement. La lumière pour connaître ce mal et le remède pour le guérir nous viennent de la bonté divine. Le Seigneur permet que nous tombions, afin que notre chute nous fasse passer de la présomption à la confiance en Dieu, et de l’orgueil à la connaissance de nous-mêmes. Si nous voulons que nos résolutions soient efficaces, il faut les rendre fermes, et elles seront fermes quand elles auront pour base la conviction de notre impuissance et une humble confiance en Dieu. La deuxième raison, c’est que, dans les résolutions que nous prenons, nous ne considérons que la beauté et l’excellence de la vertu. Notre volonté, si lâche et si faible qu’elle soit, se sent attirée vers elle ; mais à la vue des difficultés qu’il faut vaincre pour l’acquérir, elle se rebute et retourne en arrière. Accoutumez-vous donc à aimer davantage les difficultés que présente l’acquisition des vertus, que les vertus elles-mêmes ; pensez à ces difficultés, tantôt plus, tantôt moins ; mais ne les perdez jamais de vue, si vous voulez que vos efforts soient couronnés de succès. Sachez du reste que vous remporterez sur vous-même et sur vos ennemis une victoire d’autant plus prompte et plus éclatante que vous embrasserez plus généreusement les difficultés et que vous les aimerez davantage. La troisième raison, c’est que nos résolutions ont moins la vertu et la volonté de Dieu pour objet que notre intérêt propre. Ce défaut se remarque surtout dans les résolutions que nous prenons d’ordinaire quand nous sommes comblés de consolations spirituelles, ou bien encore lorsque l’adversité nous presse de toute part, et que nous ne trouvons d’allégement à notre douleur que dans le propos de nous donner entièrement à Dieu et de nous consacrer sans réserve aux exercices des vertus. Pour éviter ce défaut, soyez, à vos moments de ferveur spirituelle, humble et circonspect dans vos résolutions, et plus encore dans vos promesses et vos vœux ; à vos heures d’affliction, proposez-vous uniquement de porter votre croix avec la patience que le Seigneur attend de vous, et de mettre en elle toute votre gloire, au point de refuser les consolation humaines et parfois même les consolations divines. La seule chose que vous devez désirer et demander, c’est que Dieu vous aide à supporter l’adversité, sans blesser la vertu de patience et sans déplaire au Seigneur.

CHAPITRE XXX Comment le démon persuade à plusieurs qu’ils avancent dans la voie de la perfection

Vaincu dans le premier et le second assaut, l’esprit malin recourt à un autre stratagème. Il cherche à nous faire oublier les ennemis qui nous attaquent et nous font actuellement essuyer de grands dommages, pour occuper notre esprit de désirs et de projets de haute perfection. Il en résulte que nous négligeons les blessures que nous recevons continuellement et que, prenant nos résolutions pour des œuvres, nous nous laissons entraîner à toutes les séductions de l’orgueil. La moindre contrariété, la moindre injure nous irrite, et nous perdons un temps considérable à méditer des projets héroïques, comme celui de souffrir pour l’amour de Dieu les plus horribles tourments, voir les peines du purgatoire.(...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 30 Nov 2016 - 6:03

CHAPITRE XXX Comment le démon persuade à plusieurs qu’ils avancent dans la voie de la perfection

(...) Et comme la partie inférieure de nous-mêmes n’éprouve aucune répugnance pour ces maux éloignés, nous avons, tout misérables que nous sommes, l’audace de nous comparer à ceux qui souffrent avec une patience infatigable les plus affreux supplices. Pour éviter ce piège, proposez-vous de combattre et combattez effectivement les ennemis qui vous attaquent de près ; vous reconnaîtrez par là si vos résolutions sont vraies ou fausses, fortes ou faibles ; et vous marcherez à la perfection par le chemin que les saints nous ont frayé. Pour ce qui est des ennemis qui ne vous inquiètent pas d’ordinaire, je ne vous conseille pas de leur livrer combat, à moins que vous ne prévoyiez une attaque prochaine. Vous pouvez alors, pour vous mettre en état de soutenir la lutte, former d’avance quelques résolutions. Quand même vous vous seriez exercé durant quelque temps à la pratique des vertus, ne prenez jamais vos résolutions pour des victoires ; mais tenez-vous dans l’humilité, défiez-vous de vous-même et de votre faiblesse ; et vous confiant en Dieu seul, demandez-lui instamment de vous fortifier, d’éloigner de vous tout péril et d’étouffer en vous tout sentiment de présomption et de confiance en vos forces. Dans ces conditions, la difficulté que nous éprouvons à surmonter quelques légers défauts que Dieu laisse parfois subsister en nous, pour nous convaincre de votre faiblesse et nous conserver le mérite de nos bonnes œuvres, cette difficulté, dis-je, ne doit pas nous empêcher de tendre à une plus haute perfection.


CHAPITRE XXXI Des artifices qu’emploie le démon pour nous faire quitter le chemin de la vertu

La quatrième ruse mentionnée plus haut, celle dont le malin esprit se sert pour nous tromper lorsqu’il nous voit marcher dans le chemin de la perfection, c’est d’exciter en nous des désirs excellents, mais inopportuns, et de nous faire tomber ainsi de la pratique des vertus dans l’abîme du vice. Voilà, je suppose, une personne malade qui supporte patiemment son mal. Le démon, sachant que, par ce moyen, elle acquerra l’habitude de la patience, lui met devant les yeux beaucoup d’œuvres saintes qu’elle pourrait faire dans un autre état ; et il s’efforce de lui persuader que, si elle se portait bien, elle servirait mieux le Seigneur et serait plus utile aux autres et à elle-même. Lorsqu’il est parvenu à exciter ces désirs en son cœur, il les fortifie peu à peu, jusqu’à la rendre inquiète de ne pouvoir mettre ces désirs à exécution comme elle le voudrait bien. Et plus ces désirs grandissent et se fortifient, plus l’inquiétude augmente. Puis l’ennemi la pousse adroitement et insensiblement à s’impatienter contre sa maladie, non pas en tant que maladie, mais en tant qu’obstacle aux œuvres qu’elle désire ardemment accomplir pour un plus grand bien. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 30 Nov 2016 - 18:33

CHAPITRE XXXI Des artifices qu’emploie le démon pour nous faire quitter le chemin de la vertu

(...) Quand il l’a poussée jusque-là, il efface peu à peu de son esprit les idées de service de Dieu et de bonnes œuvres, et n’y laisse que le seul désir d’être délivrée de son mal. Mais voyant que la guérison se fait attendre, elle se trouble au point de devenir tout à fait impatiente. C’est ainsi que de la vertu qu’elle pratiquait, elle tombe, sans s’en apercevoir, dans le vice contraire. Le moyen de vous garantir de cette illusion, c’est d’avoir soin, quand vous vous trouvez dans un état de souffrance, de tenir votre cœur fermé à tout désir qui, par le fait même qu’il est présentement irréalisable, ne fera vraisemblablement que vous causer de l’inquiétude. Vous devez croire alors en toute humilité, patience et résignation, que vos désirs n’auraient pas d’effet que vous souhaitez, parce que vous êtes plus faible et plus inconstant que vous ne vous l’imaginez. Ou bien encore pensez que Dieu, dans ses secrets jugements, ou en punition de vos fautes, ne veut point que vous fassiez cette bonne œuvre, mais qu’il désire plutôt que vous vous humiliiez avec patience sous la douce et puissante main de sa Providence. De même, si l’ordre de votre père spirituel, ou quelque autre raison, vous empêche de remplir à votre gré vos exercices ordinaires de dévotion, et spécialement de vous approcher de la sainte Table, ne laissez pas pour cela le trouble et l’inquiétude entrer en votre cœur ; mais dépouillez-vous de votre propre volonté et revêtez-vous du bon plaisir de Dieu, en disant en vous-même : Si le regard de la divine Providence ne découvrait pas en moi tant d’ingratitude et de défauts, je ne serais pas maintenant privé de la sainte communion ; mais puisque le Seigneur se sert de ce moyen pour me faire connaître mon indignité, qu’il en soit béni et loué ! Confiant en votre bonté souveraine, je crois, ô mon Dieu, que la seule chose que vous demandez de moi, c’est qu’en supportant mes épreuves avec patience et en vue de vous plaire, je vous ouvre un cœur pleinement soumis à votre volonté, afin que vous y entriez spirituellement, pour le consoler et le défendre contre les ennemis qui veulent vous le ravir. Que tout ce qui est bon à vos yeux s’accomplisse ; et que votre volonté, ô mon Créateur et mon Rédempteur, soit maintenant à jamais ma nourriture et mon soutien. La seule grâce que je vous demande, ô doux objet de mon amour, c’est que mon âme, purifiée de tout ce qui vous déplaît en elle et ornée des vertus saintes, se tienne vouloirs prête à recevoir votre visite et à faire tout ce qu’il vous plaira de lui ordonner. Si vous mettez ces observations en pratique, tous les saints désirs que vous ne pourrez exécuter, qu’ils vous viennent de la nature, qu’ils vous soient inquiéter par le démon dans le but de vous inquiéter et de vous éloigner du sentier de la vertu, ou bien par Dieu lui-même dans le dessein d’éprouver votre résignation à sa volonté : tous ces désirs, dis-je, vous fourniront l’occasion de servir votre divin Maître de la manière qui lui plaît davantage. C’est là la véritable dévotion et l’hommage que Dieu attend de nous. Une pratique excellente pour ne pas perdre patience dans nos épreuves, de quelque part qu’elles nous arrivent, c’est, en employant les moyens licites dont les saints eux-mêmes se sont servis, de les employer, non dans le désir d’être délivrés de nos maux, mais uniquement en vue d’obéir à Dieu, attendu que nous ne savons pas si les moyens que nous prenons sont ceux que Dieu choisis pour nous délivrer. (...)

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Ven 2 Déc 2016 - 5:40

CHAPITRE XXXI Des artifices qu’emploie le démon pour nous faire quitter le chemin de la vertu

(...) Si vous agissez autrement, vous tomberez dans des maux plus grands encore, parce que vous vous abandonnerez facilement à l’impatience si l’événement ne répond pas à votre désir et à votre attente ; votre patience, du moins, sera moins parfaite et moins agréable à Dieu, et partant, peu méritoire. Je veux enfin vous prémunir contre un artifice secret dont notre amour-propre se sert en certaines rencontres pour voiler et excuser nos défauts. C’est ainsi, par exemple, qu’un malade qui ne supporte son infirmité qu’à contre-cœur, cache son impatience sous le voile d’un zèle ardent pour le bien. À l’entendre, le mécontentement qu’il témoigne ; ce n’est que le juste déplaisir qu’il éprouve en songeant qu’il a été lui-même la cause de sa maladie, et en voyant les ennuis et le dommage qu’elle occasionne aux autres par les soins qu’elle exige ou pour tout autre motif. De même l’ambitieux qui se plaint de n’avoir pu obtenir la dignité qu’il convoitait, n’a garde d’attribuer son chagrin à son orgueil et à sa vanité ; mais il tâche de l’expliquer par d’autres motifs dont on sait parfaitement qu’il ne tient aucun compte quand ses intérêts ne sont à l’heure se plaignait des peines que son état occasionnait aux autres, et qui s’inquiète fort peu maintenant de voir les mêmes personnes endurer les mêmes désagréments à propos de la maladie d’un autre. C’est là un signe évident que les plaintes qu’exhalent ces personnes ne proviennent nullement de leur charité pour le prochain, mais bien de leur secrète horreur pour tout ce qui contrarie leurs désirs. Pour vous, si vous voulez éviter cet écueil et d’autres encore, supportez avec une patience inaltérable les peines et les afflictions, quelle que soit, je vous le répète, la cause qui les fait naître.

CHAPITRE XXXII Du dernier assaut du démon et de l’artifice auquel il a recours pour faire de la vertu même une occasion de ruine.


Le malin et astucieux serpent pousse la ruse jusqu’à faire servir à notre ruine les vertus mêmes que nous avons acquises. Il nous les fait regarder avec une secrète complaisance et nous élève bien haut dans notre propre estime, afin de nous faire tomber ensuite dans le vice de l’orgueil et de la vaine gloire. Pour triompher de ce péril, prenez position dans la plaine égale et assurée d’une vraie et profonde conviction de votre néant. Persuadez-vous bien que vous n’êtes rien, que vous ne pouvez rien, que vous êtes rempli de misères et de défauts, et que vous ne méritez que la damnation éternelle. Retranchez-vous dans cette vérité et gardez-vous bien, quoi qu’il arrive, de faire un seul pas hors ce cette enceinte, persuadé que les pensées ou les événements qui vous poussent à la quitter sont autant d’ennemis décidés à ne vous laisser sortir de leurs mains que mort ou grièvement blessé. Pour vous exercer à courir dans cette plaine assurée de la connaissance de votre néant, voici la méthode que vous avez à suivre. Lorsque vous jetterez les yeux sur vous-même et sur vos actions, envisagez seulement ce qui est de vous, sans y mêler ce que vous tenez de Dieu et de sa grâce, et estimez-vous tel que vous vous trouverez être par vous-même. Si vous considérez le temps qui a précédé votre naissance, vous verrez que dans cet abîme sans bornes de l’éternité vous n’avez été qu’un pur néant, incapable de rien faire pour arriver à l’existence. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 3 Déc 2016 - 5:19

CHAPITRE XXXII Du dernier assaut du démon et de l’artifice auquel il a recours pour faire de la vertu même une occasion de ruine.

(...) Si vous regardez le temps présent où vous ne tenez l’existence que de la seule bonté de Dieu, qu’êtes-vous indépendamment de cette Providence qui vous conserve à chaque instant, qu’êtes-vous de vous-même, sinon un pur néant ? Cela est si vrai que, si Dieu cessait un seul instant de vous soutenir, vous retomberiez immédiatement dans ce néant d’où vous a tiré sa main souveraine. Il est donc évident qu’à ne considérer que ce qui vous appartient dans l’ordre naturel, vous n’avez aucun raison de vous estimer, ni de prétendre à l’estime des autres. Et si de l’ordre naturel vous passez à l’ordre de la grâce et des bonnes œuvres, de quel bien et de quel mérite êtes-vous capable par vous-même et indépendamment du secours de Dieu ? Si, d’autre part, vous considérez le nombre de vos péchés passés, si vous y ajoutez le nombre plus considérable encore de ceux que vous auriez commis si Dieu ne vous avait soutenu de sa main miséricorde, vous trouverez, en multipliant non seulement les jours et les années, mais aussi les actions et les habitudes mauvaises (car un vice en entraîne un autre), vous trouverez, dis-je, que, sans la grâce, vos iniquités se seraient élevées presque à l’infini et que vous seriez devenu un autre Lucifer. À moins donc que vous ne vouliez ravir à la bonté divine la gloire et la reconnaissance qui lui sont dues, vous devez de jour en jour vous estimer plus mauvais. Ce jugement que vous portez sur vous-même, ayez bien soin qu’il soit accompagné de justice ; sinon il pourrait vous être fort préjudiciable. Si la connaissance que vous avez de votre misère vous donne un avantage sur tel autre que l’orgueil aveugle, le désir d’être estimé des autres et de passer à leurs yeux pour ce que vous savez n’être pas en réalité vous fait perdre considérablement de terrain et vous rend, du côté de la volonté, beaucoup plus coupable que lui. Si donc vous voulez que la connaissance de votre malice et de votre bassesse tienne vos ennemis à distance et vous concile l’amitié de Dieu, ne vous contentez pas de vous juger vous-même indigne de tout bien et digne de tout mal, mais prenez plaisir à être méprisé des autres ; fuyez les honneurs, aimez les opprobres et montrez-vous prêt en toute occasion à remplir les offices que les autres dédaignent. Leur manière de voir ne doit en aucune façon vous détourner de cette sainte pratique, du moment qu’elle vous est inspirée par le désir de vous humilier et de vous exercer à la vertu, et non par une certaine présomption d’esprit et par cet orgueil secret qui nous pousse parfois, sous les meilleurs prétextes, à faire peu de cas ou même à ne tenir aucun compte du jugement d’autrui. Si les bonnes qualités que Dieu vous a départies vous attirent l’affection et les louanges des hommes, tenez-vous bien recueilli en vous-même ; ne vous écartez jamais, ne fût-ce que d’un pas, de la vérité et de la justice dont je vous ai parlé, mais tournez-vous vers Dieu et dites-lui du fond du cœur : Ne permettez pas, Seigneur, que je vous dérobe l’honneur qui vous est dû et que je m’attribue le mérite des dons qui me viennent de vous. À la louange, l’honneur et la gloire, à moi la confusion. Tournant ensuite votre pensée vers la personne qui vous loue, dites-vous à vous-même : D’où vient que cette personne me trouve bon, puiqu’il n’y a rien de bon que Dieu et ses œuvres ? En agissant de la sorte et en rendant au Seigneur ce qui lui appartient, vous tiendrez vos ennemis à distance et vous vous disposerez à recevoir de Dieu un accroissement de grâces et de bienfaits. Si le souvenir de vos bonnes œuvres vous pousse à la vanité, considérez ces bonnes œuvres, non comme venant de vous, mais comme venant de Dieu seul ; et dites-leur intérieurement comme si vous leur parliez Sad...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 3 Déc 2016 - 19:27

CHAPITRE XXXII Du dernier assaut du démon et de l’artifice auquel il a recours pour faire de la vertu même une occasion de ruine.

(...) Je ne sais comment à exister dans mon esprit : ce n’est pas à moi, mais à Dieu que vous devez la naissance ; c’est sa grâce qui vous a créées, nourries et conservées. C’est donc lui seul que je veux reconnaître comme votre véritable et principal auteur, lui seul que je veux voir honoré à cause de vous. Considérez ensuite que toutes les bonnes œuvres que vous avez faites en votre vie, non seulement n’ont point répondu à l’abondance des lumières et des grâces que Dieu vous avait accordées pour les connaître et les accomplir, mais qu’elles ont été très imparfaites et fort éloignées de cette pureté d’intention, de cette ferveur et de cette diligence qui devaient les accompagner et présider à leur exécution. C’est pourquoi, à bien considérer les choses, vous avez plutôt sujet de rougir de vos œuvres que d’en tirer vanité ; car il n’est que trop vrai que les grâces qui sortent pures et parfaites de la main de Dieu se souillent en nous, au contact de nos imperfections. En outre, comparez vos œuvres avec celles des saints et des pieux serviteurs de Dieu, et ce parallèle vous convaincra que les meilleures et les plus grandes de vos œuvres sont encore de très bas aloi et de minime valeur. Comparez-les ensuite avec ce que Jésus-Christ a fait en votre faveur aux diverses époques de la vie crucifiée qu’il a menée ici-bas ; considérez ses œuvres en elles-mêmes et abstraction faite de sa divinité, songez à l’amour si tendre et si pur qui les animait, et vous serez contraint d’avouer que les vôtres ne sont que néant. Enfin, si vous élevez votre esprit jusqu’à la divinité et si vous envisagez la majesté souveraine de Dieu et les hommages qu’elle mérite de notre part, vous verrez clairement que vos bonnes œuvres doivent être pour vous un motif de crainte, bien plus qu’un sujet de vanité. C’est pourquoi, quelque bien que vous fassiez, vous devez dire à Dieu de tout votre cœur : Mon Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur. Je vous conseille en outre de vous tenir en garde contre la tentation de publier les faveurs que Dieu vous accorde. Le trait suivant vous montrera combien lui déplaît le manque de réserve à cet égard. Le Sauveur apparut un jour sous la forme d’un petit enfant à une de ses fidèles servantes. Celle-ci, le prenant pour un enfant ordinaire, l’invita à réciter la salutation angélique. Jésus commença immédiatement : Je vous salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. Là, il s’arrêta, ne voulant pas se louer lui-même en récitant les paroles qui suivent. Et tandis qu’elle le priait de continuer, Jésus disparut, laissant sa servante remplie de consolation et toute pénétrée de la céleste doctrine qu’il venait de lui enseigner par son exemple. Et vous aussi, âme chrétienne, apprenez à vous humilier, reconnaissant que vous n’êtes, avec toutes vos œuvres, qu’un pur néant. C’est là le fondement de toutes les vertus. Dieu, quand nous n’étions pas encore, nous a tirés du néant et, maintenant que nous existons par lui, nous devons faire reposer tout l’édifice de notre sanctification sur la reconnaissance de cette vérité, que de nous-mêmes nous ne sommes rien. Plus nous nous abaisserons, plus l’édifice s’élèvera. À mesure que nous creuserons le sol de notre misère, le divin architecte y déposera les pierres solides qui doivent servir de fondement au majestueux édifice. Ne croyez pas pouvoir jamais descendre assez bas, et persuadez-vous bien que s’il pouvait y avoir quelque chose d’infini dans la créature, votre bassesse le serait. Avec cette connaissance bien mise en pratique, l’homme possède toute sorte de bien ; sans elle, il est un peu plus que rien, fît-il autant de bonnes œuvres qu’en ont accompli tous les saints ensemble, et demeurât-il continuellement absorbé en Dieu. Ô admirable connaissance, qui nous rend heureux sur la terre et glorieux dans le ciel ! (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Lun 5 Déc 2016 - 5:40

CHAPITRE XXXII Du dernier assaut du démon et de l’artifice auquel il a recours pour faire de la vertu même une occasion de ruine.

(...) Ô lumière qui sort des ténèbres et rend les âmes radieuses ! Ô perle inconnue qui brille parmi nos souillures ! Ô néant qui met en possession de toutes choses ceux qui savent le connaître ! Sur ce sujet, je parlerais sans jamais me lasser. Si vous voulez louer Dieu, accusez-vous vous-même et désirez d’être accusé par les autres. Si vous voulez le glorifier en vous et vous glorifier en lui, humiliez-vous vis-à-vis de tous et au-dessous de tous. Si vous désirez le trouver, ne vous élevez pas, car il fuira loin de vous. Abaissez-vous et abaissez-vous autant que vous le pourrez, vous le verrez venir à vous et vous tendre les bras. Il vous accueillera, et il vous pressera sur son cœur avec d’autant plus d’amour que vous vous rendrez plus vil à vos propres yeux et que vous mettrez votre bonheur à être méprisé de tous et à être rebuté partout comme un objet d’horreur. Ce don inestimable que votre Sauveur, abreuvé d’outrages pour vous, vous fait afin de vous unir à lui, persuadez-vous bien que vous en êtes indigne ; Remerciez-le souvent de cette faveur et soyez plein de reconnaissance pour les personnes qui y ont donné occasion, et tout spécialement pour celles qui vous ont foulé aux pieds ou qui croient que vous ne supportez les affronts qu’à regret et à contre-cœur. Et si réellement il en est ainsi, gardez-vous bien d’en rien laisser paraître à l’extérieur. Si la malice du démon, notre ignorance et nos inclinations perverses l’emportent en nous sur ces considérations, si puissantes pourtant et si vraies ; si le désir de nous élever au-dessus des autres ne cesse de nous troubler et de faire impression sur notre cœur, humilions-nous d’autant plus à nos propres yeux que nous voyons par expérience combien nous avançons peu dans la spiritualité et dans la véritable connaissance de nous-mêmes, attendu que nous ne parvenons pas à nous délivrer de ces pensées importunes qui ont leur racine dans notre orgueil et notre vanité. Par ce moyen, nous tirerons le miel du poison et le remède de la blessure même.

CHAPITRE XXXIII Quelques avis pour surmonter les passions mauvaises et pour avancer dans la vertu


Quoique je vous aie beaucoup parlé déjà des moyens à prendre pour vous vaincre vous-même et orner votre âme des vertus chrétiennes, il me reste encore quelques avis à vous donner. Premièrement, gardez-vous bien, si vous voulez faire des progrès dans la vertu, d’avoir pour vos exercices spirituels une règle pour ainsi dire stéréotypée qui fixe un exercice à un jour, et l’autre à un autre jour. L’ordre à suivre dans ce combat et dans cet exercice, c’est de faire la guerre aux passions dont les attaques vous ont causé et vous causent encore chaque jour le plus de dommage, et d’acquérir, dans le plus haut degré possible, les vertus qui leur sont opposées. Une fois en possession de ces vertus, vous aurez mille occasions d’acquérir les autres ; vous le ferez facilement et sans qu’il soit besoin pour cela d’actes multipliés ; car les vertus sont tellement liées les unes aux autres qu’il suffit d’une vertu fortement ancrée dans notre cœur pour y attirer bientôt toutes les autres. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mar 6 Déc 2016 - 4:13

CHAPITRE XXXIII Quelques avis pour surmonter les passions mauvaises et pour avancer dans la vertu

(...) Deuxièmement, ne limitez jamais le temps que vous emploierez à acquérir une vertu ; ne déterminez ni les jours, ni les semaines, ni les années ; mais faites comme si vous en étiez encore à vos premiers pas, et, semblable à un soldat nouvellement enrôlé, combattez sans trêve et gravissez les hauteurs de la perfection. Ne vous arrêtez pas un seul instant, parce que s’arrêter dans le chemin de la vertu et de la perfection ce n’est pas se repose et reprendre des forces, c’est reculer et s’affaiblir de plus en plus. Quand je parle de s’arrêter, j’entends se persuader que l’on est arrivé à la perfection, négliger les occasions qui se présentent de poser de nouveaux actes de vertu et mépriser les fautes légères. Soyez donc soigneux, fervent et toujours prêt à saisir les moindres occasions de pratiquer la vertu. Aimez toutes les occasions d’avancer dans la sainteté ; aimez surtout celles qui présentent de grandes difficultés, car les efforts que l’on fait pour surmonter les obstacles forment plus promptement les habitudes vertueuses et les enracinent plus profondément dans notre âme. Chérissez donc les personnes qui vous fournissent ces occasions. Seulement, évitez avec soin et fuyez à pas précipités tout ce qui pourrait donner lieu aux tentations de la chair. Troisièmement, soyez prudent et discret à l’égard des pratiques qui peuvent mettre votre santé en danger, comme la discipline, les cilices, le jeûne, les médiations et autres mortifications du même genre ; on doit se former à ces exercices peu à peu et par degrés, ainsi que nous le dirons par après. Pour ce qui concerne les vertus purement intérieures, comme l’amour de Dieu, le mépris du monde, l’humilité, la haine des passions mauvaises et du péché, la douceur et la patience, l’amour du prochain et des ennemis, il ne fait pas chercher à les acquérir peu à peu et à s’y élever par degrés ; mais en produire les actes avec toutes la perfection possible. Quatrièmement, que toutes les pensées de votre âme, tous les désirs de votre cœur et tous les actes de votre volonté n’aient qu’un seul but : vaincre la passion que vous combattez et acquérir la vertu contraire. Que ce soit là pour vous le monde entier, le ciel et la terre ; n’ambitionnez point d’autre trésor, et faites toutes vos actions en vue de plaire à Dieu. Que vous mangiez ou que vous jeûniez, que vous travailliez ou que vous vous reposiez, que vous veilliez ou que vous dormiez, que vous restiez chez vous ou que vous sortiez, que vous vous appliquiez aux exercices de piété ou aux œuvres manuelles, votre unique but doit être de vaincre et de surmonter cette passion et d’acquérir la vertu contraire. Cinquièmement, haïssez généralement les commodités et les agréments de la vie, et vous ne serez que faiblement combattu par les vices qui tous ont le plaisir pour racine. Retranchez, par la haine de vous-même, cette racine maudite, et tous les vices perdront en vous leur force et leur vigueur. Mais si, pendant que vous faites la guerre à un vice et que vous résistez aux séductions d’un plaisir en particulier, vous vous attachez à d’autres plaisirs défendus, ne le fussent-ils que sous peine de faute légère, la lutte sera rude et sanglante et la victoire incertaine et rare. C’est pourquoi ayez toujours présentes à l’esprit ces sentences de l’Écriture : « Celui qui aime son âme la perdra, et celui qui hait son âme en ce monde, la gardera pour la vie éternelle » (Jean, XII, 25). « Mes frères, nous ne sommes pas redevables à la chair pour vivre selon la chair : car si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’esprit vous faites mourir les œuvres de la chair, vous vivrez » (Rom., VIII, 13). Sixièmement enfin, je vous avertis qu’il est utile, et parfois nécessaire, de faire avant tout une confession générale accompagnée de toutes les dispositions requises, et cela pour mieux vous assurer de l’amitié de celui qui est la source de toutes les grâces et l’auteur de toutes les victoires.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 7 Déc 2016 - 5:33

CHAPITRE XXXIV Qu’il faut acquérir les vertus peu à peu, en s’y exerçant graduellement et sans vouloir les pratiquer toutes à la fois

Quoique le chrétien désireux d’arriver au faîte de la perfection ne doive point mettre de borne à son avancement spirituel, il faut néanmoins que la prudence modère en lui cette ferveur inconsidérée qui, après l’avoir, dès le principe, poussé en avant avec trop de vigueur, se ralentit bientôt et l’abandonne à mi-chemin. C’est pourquoi, sans revenir sur les règles que je vous ai tracées pour vos exercices extérieurs, je crois utile de vous faire remarquer que les vertus intérieures doivent s’acquérir peu à peu et par degrés. C’est le moyen de faire des progrès rapides et durables. Ainsi nous ne devons pas, ordinairement du moins, nous exercer à désirer les adversités et à nous en réjouir, que nous n’ayons auparavant passé par les degrés les plus bas de la vertu de patience. Ne vous attachez pas non plus à toutes, ni même à plusieurs vertus ensemble ; mais à une seule d’abord, puis à une autre. De cette manière, l’habitude s’enracine plus facilement et plus profondément dans l’âme. Si vous bornez vos efforts à l’acquisition d’une seule vertu, la mémoire y court en toute occasion avec plus de promptitude, l’entendement s’ingénie à trouver pour l’acquérir des moyens et des motifs nouveaux, et la volonté s’y porte avec plus d’ardeur et de facilité. Il en serait tout autrement si l’activité de ces puissances était dispersée sur divers objets. Ajoutez à cela que la similitude des actes à produire pour acquérir une seule et même vertu nous rend ces actes moins pénibles. L’un attire et assiste l’autre ; et la ressemblance qu’ils ont entre eux est cause qu’ils font plus d’impression sur nous ; les derniers en effet trouvent dans le cœur une demeure bien préparée et toute prête à les recevoir, comme elle a reçu ceux qui ont précédé. Ces raisons vous paraîtront plus convaincantes encore si vous réfléchissez que la pratique d’une vertu apprend la pratique des autres, et que les progrès de l’une entraînent les progrès de toutes, puisqu’elles sont toutes inséparablement unies entre elles, comme autant de rayons projetés par la même lumière divine.

CHAPITRE XXXV Des moyens d’acquérir les vertus, et comment nous devons nous appliquer à la même vertu durant un certain espace de temps

Outre les dispositions que je vous ai signalées plus haut, il faut, pour acquérir les vertus chrétiennes, une âme grande et généreuse, une volonté ferme et résolue que n’effraie point la prévision des contradictions et des peines sans nombre qui se rencontrent dans le chemin de la perfection. Il faut, de plus, que l’âme soit inclinée à l’amour des vertus qu’elle veut acquérir. Cette inclination s’obtient en considérant combien les vertus plaisent à Dieu, combien elles sont nobles et excellentes en elles-mêmes, et combien elles nous sont utiles et nécessaires, puisqu’elles sont principe et le terme de la perfection. Il importe extrêmement de faire le matin le ferme propos de profiter de toutes les occasions que nous aurons vraisemblablement de les pratiquer, et d’examiner souvent durant le jour si nous avons, oui ou non, exécuté nos bonnes résolutions, afin de les renouveler avec plus de ferveur. Cet examen doit rouler tout spécialement sur la vertu que nous nous sommes proposé d’acquérir. C’est à cette même vertu que nous devons rapporter les exemples des saints, nos oraisons et la méditation, si nécessaire en tous les exercices spirituels, de la vie et de la Passion de Jésus-Christ.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Mer 7 Déc 2016 - 17:36

CHAPITRE XXXV Des moyens d’acquérir les vertus, et comment nous devons nous
appliquer à la même vertu durant un certain espace de temps


(..) Nous devons, ainsi que nous l’expliquerons ci-après, tenir la même conduite dans toutes les occasions qui se présenteront, si différentes qu’elles soient les unes des autres. Tâchons d’arriver, à force d’actes intérieurs et extérieurs de vertu, à produire ces actes avec autant de promptitude et de facilité que nous en avions auparavant à suivre nos penchants naturels ; et rappelons-nous ce qui a été dit plus haut, que plus ces actes seront contraires à nos inclinations, plus vite ils introduiront dans notre âme l’habitude de la vertu. Les sentences de la sainte Écriture prononcées de bouche ou tout au moins de cœur, avec le respect qui leur est dû, nous aideront merveilleusement en cet exercice. Tenons donc à notre disposition un bon nombre de textes en rapport avec la vertu que nous cherchons à acquérir ; répétons-les souvent dans le courant de la journée et tout spécialement quand nous nous sentirons assaillis par la passion contraire. Si, par exemple, nous nous exerçons à la patience, nous pourrons nous servir des paroles suivantes ou d’autres semblables : « Mes enfants, supportez patiemment la colère qui est tombée sur vous » (Baruch, IV, 25). « La patience des pauvres ne sera pas frustrée pour toujours » (PS., IX, 19). « L’homme patient vaut mieux que l’homme courageux ; et celui qui est maître de son esprit vaut mieux que celui qui prend les villes d’assaut » (Prov., XVI, 32). « Courons par la patience au combat qui nous est proposé » (Héb., XII, 2). Nous pourrons dans le même but faire les aspirations suivantes ou d’autres du même genre : Quand Dieu armera-t-il mon cœur du bouclier de la patience ? Quand saurai-je, pour plaire à mon divin Maître, supporter d’un cœur tranquille les épreuves de la vie ? Ô souffrances bien-aimées qui me rendez semblable à mon Sauveur Jésus souffrant pour moi ! Ô l’unique vie de mon âme, ne me verrai-je jamais, pour votre gloire, pleinement heureux au sein des souffrances ? Quel serait mon bonheur si, au milieu des flammes de la tribulation, j’aspirais à des tourments plus grands encore ! Nous nous servirons à toute heure de ces sortes de prières, suivant les progrès que nous aurons faits dans la vertu, et les pensées que nous inspirera l’esprit de dévotion. Ces oraisons s’appellent oraisons jaculatoires, du latin jaculum qui signifie trait, parce que ce sont comme autant de traits que nous lançons vers le ciel ; elles ont une force merveilleuse pour nous exciter à la perfection et toucher le cœur de Dieu, à condition toutefois qu’elles soient accompagnées de deux choses qui leur servent en quelque sorte d’ailes. La première, c’est une conviction profonde que Dieu prend plaisir à voir notre âme s’exercer à la vertu. La seconde, un vrai et ardent désir de l’acquérir dans la seule vue de plaire à sa divine Majesté.

CHAPITRE XXXVI Que l’exercice de la vertu exige une application constante

Une condition importante, indispensable même, pour parvenir au but que nous poursuivons, je veux dire l’acquisition des vertus, c’est la persévérance à marcher en avant : S’arrêter, c’est reculer. En effet, dès que nous cessons de nous appliquer à la pratique des vertus, la violence de notre inclination aux plaisirs des sens, jointe aux sollicitations qui nous viennent du dehors, donne nécessairement naissance à beaucoup de passions désordonnées qui détruisent ou affaiblissent les habitudes des vertus. En outre, ce manque d’application nous prive des grâces nombreuses que Dieu accorde à ceux qui marchent courageusement dans le chemin de la perfection. (...)
Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Ven 9 Déc 2016 - 5:25

CHAPITRE XXXVI Que l’exercice de la vertu exige une application constante

(...) C’est la différence qui existe entre ce chemin et les chemins ordinaires. Dans ces derniers, en effet, le voyageur, en s’arrêtant, ne perd rien de la distance parcourue, tandis que, dans le premier, il perd énormément de terrain. Une différence encore, c’est que, dans les routes ordinaires, la lassitude s’accroît en proportion du chemin que l’on fait, tandis que, dans le chemin de la vertu, les forces augmentent à mesure que l’on avance. La raison en est que l’exercice des vertus affaiblit la partie inférieure dont la résistance augmente la difficulté et les fatigues du chemin, et qu’il affermit et fortifie de plus en plus la partie supérieure où la vertu réside. Ainsi, à mesure qu’on avance dans la voie de la perfection, la peine qu’on y éprouve diminue de plus en plus, et la joie secrète que Dieu mêle à cette peine s’accroît sans cesse. Le chrétien, marchant ainsi de vertu en vertu avec une facilité et une joie toujours croissantes, finit par arriver au sommet de la montagne et à cet état de perfection qui permet à l’âme de se livrer aux aspirations spirituelles, non seulement sans dégoût, mais avec un plaisir ineffable, parce qu’ayant vaincu et dompté les passions déréglées et s’étant mise au-dessus de toutes les choses créées, elle vit au sein de Dieu et goûte, parmi des labeurs sans trêve, les délices d’un repos inaltérable.


CHAPITRE XXXVII Que la nécessité où nous sommes de nous exercer sans cesse à la pratique des vertus nous oblige à profiter, pour les acquérir, de toutes les occasions qui se présentent


Nous avons vu assez clairement que, dans le chemin qui conduit à la perfection, il faut marcher en avant, sans s’arrêter jamais. Pour cela, tenons-nous bien sur nos gardes et veillons attentivement à ne laisser échapper aucune occasion d’acquérir les vertus. C’est donc mal entendre ses intérêts que de fuir les contrariétés qui pourraient nous servir à cet égard. Pour nous en tenir à notre premier exemple, voulez-vous acquérir l’habitude de la patience ? N’évitez point les personnes, les actions et les pensées qui vous portent à l’impatience. Ne cessez point vos relations parce qu’elles vous sont à charge ; et, dans les conversations et les rapports que vous entretiendrez avec les personnes qui vous ennuient, tenez votre volonté toujours prête à souffrir les contrariétés et les dégoûts qui vous arriveront ; sinon vous n’acquerrez jamais l’habitude de la patience. De même, si un travail vous déplaît, soit par lui-même, soit à cause de la personne qui vous l’a imposé, soit parce qu’il vous détourne d’une occupation plus conforme à vos goûts, ne laissez pas de l’entreprendre et de le continuer, malgré le trouble qu’il vous cause et le repos que vous trouveriez en l’abandonnant. Sans cela vous trouveriez en l’abandonnant.

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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MessageSujet: Re: Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli    Sam 10 Déc 2016 - 5:21

CHAPITRE XXXVII Que la nécessité où nous sommes de nous exercer sans cesse à la pratique des vertus nous oblige à profiter, pour les acquérir, de toutes les occasions qui se présentent

(... )Sans cela vous n’apprendriez jamais à souffrir, et le repos que vous goûteriez ne serait pas un repos véritable, attendu qu’il ne procéderait pas d’un esprit libre de passions et orné de vertus. J’en dis autant des pensées ennuyeuses qui tourmentent et troublent parfois votre âme. Ce n’est pas un avantage pour vous d’en être entièrement délivré, puisque la souffrance qu’elles vous causent vous accoutume à supporter patiemment toute sorte de contrariétés. Vous enseigner le contraire, ce serait plutôt vous apprendre à fuir la peine que vous éprouvez, qu’à acquérir la vertu que vous désirez. Il est bien vrai qu’en de semblables occasions, il faut, surtout si on n’est pas suffisamment aguerri, savoir temporiser et user de beaucoup de prudence et d’adresse, affronter l’ennemi ou l’éviter selon qu’on se sent plus ou moins de vertu et de vigueur d’esprit ; mais, d’un autre côté, on doit bien se garder de lâcher pied tout à fait et de reculer au point d’abandonner toutes les occasions de souffrir, parce que si pour le moment on échappe au danger de tomber, on court grand risque de succomber plus tard aux assauts de l’impatience faute de s’être suffisamment aguerri et fortifié d’avance par la pratique de la vertu contraire. Inutile de faire remarquer que ces avis ne concernent pas le vice impur. La manière de combattre ce vice vous a été indiquée dans un des chapitres précédents.


CHAPITRE XXXVIII Que l’on doit rechercher les occasions de pratiquer la vertu, et les accueillir avec d’autant plus de joie qu’elles offrent plus de difficultés

Ce n’est point assez de ne pas fuir les occasions de nous exercer à la vertu ; il faut parfois les rechercher comme des avantages inestimables, les accueillir avec joie dès qu’elles s’offrent à nous et regarder comme plus précieuses et plus dignes d’amour celles qui déplaisent davantage à nos sens. Vous y parviendrez, avec la grâce de Dieu, si vous imprimez profondément dans votre esprit les considérations suivantes. La première, c’est que les occasions sont des moyens éminemment utiles, nécessaires même à l’acquisition des vertus. C’est pourquoi en demandant les unes au Seigneur, vous lui demandez nécessairement les autres ; sinon votre prière serait vaine, vous seriez en contradiction avec vous-même et vous tenteriez le Seigneur puisque, selon le cours ordinaire des choses, Dieu ne donne pas la patience sans les tribulations ni l’humilité sans les opprobres. On peut en dire autant de toutes les autres vertus. Il est incontestable qu’elles s’acquièrent au moyen des adversités qui nous arrivent. Ces adversités nous sont d’autant plus utiles et doivent par conséquent nous être d’autant plus chères et plus agréables qu’elles sont plus pénibles à la nature ; car les actes que nous produisons en ces occasions sont plus généreux et plus forts et, partant, plus propres à nous faire avancer avec promptitude et facilité dans la voie de la perfection. (...)

Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895

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